
Soixante-cinq ans après sa création, l’Armée malienne s’est offert, mardi 20 janvier 2026, une vitrine à la hauteur des défis sécuritaires auxquels le pays reste confronté. À Bamako, sur la Place d’Armes du 34ᵉ Régiment du Génie militaire, la commémoration s’est transformée en un message clair : la consolidation de la sécurité nationale demeure une priorité absolue des autorités de la Transition.
Présidée par le Chef de l’État et Chef suprême des Armées, le Général d’Armée Assimi Goïta, la cérémonie a réuni les principales institutions de la République, la hiérarchie militaire, des représentants diplomatiques ainsi que des organisations internationales. La forte mobilisation officielle traduisait l’importance stratégique accordée aux Forces armées maliennes (FAMa) dans la conduite de la Transition.
Dès son arrivée aux environs de 10 heures, le Président de la Transition a donné le ton. Après le dépôt d’une gerbe de fleurs au Mémorial militaire, en hommage aux soldats tombés pour la patrie, le Chef de l’État a salué le drapeau avant de passer les troupes en revue. Un rituel solennel, marqué par l’hymne national et un profond recueillement, qui a rappelé le coût humain de la guerre contre l’insécurité.
Moment fort de la cérémonie : la reconnaissance officielle accordée aux hommes en uniforme. Plusieurs militaires ont été décorés pour leur engagement et leur bravoure sur le terrain. Dans le même esprit de solidarité nationale, un chèque géant de plus de 17 milliards de francs CFA a été remis aux ayants droit des soldats tombés au combat, réaffirmant l’engagement de l’État envers les familles endeuillées.
La démonstration de force n’a pas tardé à suivre. Le défilé militaire, très attendu, a mobilisé plus de 500 éléments issus des différentes composantes des Forces de Défense et de Sécurité. Forces spéciales, unités terrestres, Génie militaire, appui aérien avec survol d’aéronefs et de drones : la parade a offert un aperçu concret des capacités opérationnelles en constante évolution des FAMa, sous les applaudissements d’un public venu en nombre.
Cette montée en puissance ne se limite pas aux apparences. En amont de la célébration, le 19 janvier, le Président Goïta avait procédé à une importante remise de matériels et d’équipements de travaux publics à la Direction du Génie militaire. Une initiative qui souligne le double rôle de l’armée : force de combat et acteur clé de la reconstruction nationale.
Au terme des festivités, le Chef de l’État s’est exprimé devant la presse, insistant sur la dimension symbolique du 20 janvier, qu’il a qualifiée de « moment de communion entre la Nation et son armée ». Rendant hommage aux soldats disparus et souhaitant un prompt rétablissement aux blessés, il a salué la résilience du peuple malien face aux épreuves.
Le Président de la Transition a également mis en avant les avancées enregistrées sur le plan sécuritaire, évoquant la neutralisation de groupes armés, la destruction de sanctuaires terroristes et le retour progressif de l’administration dans plusieurs zones du pays. Toutefois, le message est resté sans ambiguïté : la bataille est loin d’être terminée.
« Tant que la sécurité et la stabilité ne seront pas totalement garanties, l’État poursuivra le recrutement, l’équipement et le déploiement des Forces armées sur l’ensemble du territoire », a-t-il assuré, annonçant un renforcement des opérations militaires et la construction de nouveaux camps.
Déclarée chômée et payée sur toute l’étendue du territoire, la journée du 20 janvier 2026 aura ainsi été bien plus qu’un anniversaire. Elle aura servi de rappel stratégique : dans le Mali d’aujourd’hui, l’armée reste au cœur du projet de souveraineté et de refondation nationale.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
