
Le projet « Accès à l’Énergie Durable pour Toutes et Tous – Phase 2 » (AEDTT2) tiendra aujourd’hui, jeudi 12 février 2026, son troisième Comité de pilotage (COPIL) dans un hôtel huppé de la place, à partir de 8 heures. Cette rencontre stratégique, présidée par la Direction nationale de l’Énergie (DNE), réunira les institutions publiques, les collectivités territoriales, les organisations de la société civile ainsi que les bénéficiaires autour de l’état d’avancement du programme. L’Union européenne est, à ce jour, l’unique partenaire financier du projet.
Organisé dans un contexte où l’accès universel à l’électricité demeure un défi majeur pour le Mali, ce troisième COPIL vise à dresser un bilan des activités réalisées, à valider le compte rendu de la précédente session tenue le 5 septembre 2024 et à définir les priorités pour la période à venir. Les échanges permettront également de partager les expériences de terrain entre partenaires et bénéficiaires, notamment autour des Zones d’Activités Électrifiées (ZAE) et des périmètres maraîchers (PM).
Selon les données du secteur, le taux d’électrification au Mali dépasse légèrement 56 % au niveau national, mais reste autour de 30 % en milieu rural. Ce déséquilibre met en lumière l’urgence d’initiatives ciblées en faveur des zones enclavées, où l’accès à une énergie fiable conditionne le développement économique local.
Présent au Mali depuis 2007, le Geres ONG internationale créée en 1976 et engagée dans l’amélioration des conditions de vie et la lutte contre les changements climatiques fait de la transition énergétique un axe central de son action. Ses interventions portent notamment sur le déploiement des énergies renouvelables, la promotion de l’accès à l’énergie, la maîtrise de la demande énergétique, l’accompagnement des politiques climat-énergie et la mobilisation citoyenne pour la solidarité climatique.
Depuis 2015, l’organisation développe au Mali le concept de Zones d’Activités Électrifiées (ZAE). Ces espaces sont conçus pour fournir une électricité continue, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, aux très petites entreprises (TPE) en milieu rural. Les ZAE fonctionnent comme de véritables écosystèmes de développement : regroupement d’entreprises sur un même site, infrastructures professionnelles adaptées et bioclimatiques, appui en formation et en planification économique, et facilitation de l’accès aux services financiers de proximité.
Dans le cadre du projet AEDTT2, lancé en 2023, cinq ZAE et neuf périmètres maraîchers ont déjà été réalisés. En partenariat avec l’ONG AMEDD, le programme intègre en effet des périmètres maraîchers destinés à renforcer les activités génératrices de revenus, notamment au profit des femmes. D’ici décembre 2027, trois nouvelles ZAE et trois périmètres maraîchers supplémentaires sont prévus.
Les bénéficiaires directs incluent plusieurs collectivités locales, des entrepreneurs installés dans les ZAE, des groupements maraîchers féminins ainsi que des initiatives locales bas carbone, souvent portées par des jeunes et des femmes. Au-delà des infrastructures, le projet ambitionne de consolider des emplois, de stimuler la création de valeur ajoutée locale et de renforcer la résilience économique des territoires ruraux.
Le troisième Comité de pilotage devra ainsi valider les avancées enregistrées, analyser les défis persistants et tracer les orientations futures. Dans un contexte de transition énergétique et de lutte contre la pauvreté énergétique, la rencontre d’aujourd’hui s’annonce déterminante pour la poursuite d’un programme qui place l’électricité au cœur du développement rural.
À travers son engagement exclusif dans le financement du projet AEDTT2, l’Union européenne réaffirme son appui à l’électrification rurale et à la promotion des énergies renouvelables au Mali, contribuant ainsi à l’atteinte des objectifs nationaux en matière d’accès durable à l’énergie.
Par ABK
