
La Cour d’appel de Bamako a confirmé, le lundi 9 février 2026, la condamnation de l’ancien Premier ministre malien, Moussa Mara, prononcée en première instance par le Tribunal du pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Il écope d’une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA.
Les poursuites judiciaires font suite à une publication sur les réseaux sociaux, qualifiée par la justice d’atteinte au crédit de l’État et d’opposition à l’autorité légitime. Placé en détention depuis le 1er août 2025, Moussa Mara est actuellement à son septième mois de privation de liberté.
En l’état actuel de la décision judiciaire, et sauf évolution liée à un recours, l’ancien chef du gouvernement devrait recouvrer la liberté le 31 juillet 2026, après avoir purgé la totalité de la partie ferme de sa peine.
Peu après l’annonce du verdict, son avocat, Me Mountaga C. Tall, a vivement réagi à travers un tweet, dénonçant une décision qu’il juge injuste et annonçant un pourvoi en cassation. « Cette décision, pour le moins contestable, fera l’objet d’un pourvoi en cassation dès que le soleil de demain succédera à la nuit d’aujourd’hui pour obtenir sa libération », a-t-il écrit.
La défense affirme par ailleurs qu’elle entend user de « tous les moyens légaux » afin que cette libération intervienne « dans les meilleurs délais ». Toutefois, en attendant un éventuel revirement judiciaire, la condamnation reste exécutoire.
Au-delà de l’aspect juridique, l’avocat a tenu à souligner l’état d’esprit de son client. « En attendant, même en prison, Moussa Mara dort du sommeil du juste. Est-ce le cas de tous ? », a-t-il lancé, dans une formule à forte charge symbolique, perçue par certains observateurs comme une critique implicite du fonctionnement de la justice.
Dans le même message, Me Mountaga C. Tall a rappelé que « la justice immanente, même inéluctable, n’est pas toujours imminente », avant de conclure par une note de foi : « Allah veille ! ».
Cette affaire continue de susciter de nombreux débats au sein de l’opinion publique et de la classe politique, notamment sur la régulation de l’expression publique, la responsabilité pénale des acteurs politiques et les garanties de l’État de droit au Mali.
La rédaction
