
L’Association des Ressortissants et Sympathisants pour le Développement du Cercle de Tombouctou (ADRCT) s’impose aujourd’hui comme l’une des structures citoyennes les plus actives dans l’accompagnement du développement local de la cité des 333 saints. Regroupant des ressortissants et sympathisants du cercle de Tombouctou, principalement basés à Bamako, l’association dispose également de représentations dans plusieurs régions du pays, notamment à Ségou, Mopti et Tombouctou, traduisant ainsi son ancrage national.
Selon Bilal Mahamane Traoré, secrétaire général du bureau local de l’ADRCT, la philosophie de l’association repose sur une conviction forte : le développement ne peut être porté uniquement par l’État ou les partenaires techniques et financiers. Il doit d’abord être impulsé par les fils et filles du terroir eux-mêmes.
Ainsi, l’ADRCT s’est donnée pour mission de contribuer au développement global du cercle de Tombouctou à travers des actions concrètes dans les domaines social, culturel, sportif et infrastructurel. Forages, appui à des initiatives communautaires, accompagnement d’événements religieux et culturels, réalisation d’infrastructures de base : les interventions de l’association répondent aux besoins exprimés par les populations locales.
L’une des particularités de l’ADRCT réside dans son mode de fonctionnement. L’association ne dispose pas de bailleurs permanents. L’essentiel de ses ressources provient des cotisations de ses membres, de l’achat des cartes d’adhésion et des contributions volontaires des sympathisants. Un choix assumé, qui renforce son autonomie mais constitue également un défi majeur.
« Beaucoup pensent que nous avons des bailleurs. Ce n’est pas le cas. Ce sont les efforts individuels des membres qui permettent de réaliser les projets », explique Bilal Mahamane Traoré.
Au-delà des moyens financiers, l’ADRCT fait face à un défi plus profond : celui de la sensibilisation des populations à la prise en main de leur propre développement. L’association mène un travail de fond pour amener les citoyens à comprendre que l’initiative locale est la clé pour susciter ensuite l’accompagnement de l’État et des partenaires.
Autre préoccupation majeure : l’enclavement de Tombouctou. Les difficultés d’accès par voie terrestre, fluviale et aérienne, ainsi que le coût élevé des déplacements, limitent fortement la mobilité des ressortissants et freinent les dynamiques économiques et culturelles. L’ADRCT mène ainsi des actions de plaidoyer auprès des décideurs pour le désenclavement effectif de la ville, la relance du transport fluvial et l’amélioration de l’offre aérienne.
Malgré ces contraintes, l’ambition de l’ADRCT demeure intacte. Portée par l’amour de Tombouctou et la fierté de son héritage historique, l’association œuvre à la préservation du patrimoine culturel et religieux de la ville. Depuis 2020, elle s’emploie notamment à faire du Maouloud de Tombouctou un rendez-vous d’envergure nationale, voire internationale, afin de renforcer le rayonnement culturel de la cité et de contribuer au développement des communes du cercle.
C’est dans cet esprit d’engagement citoyen que l’ADRCT a également accompagné des initiatives nationales porteuses de sens. Le mardi 23 décembre, l’association a ainsi procédé à la remise d’une contribution financière pour soutenir la réussite de la 4ᵉ édition de la tournée régionale de l’Union des Journalistes Reporters du Mali (UJRM), une initiative visant à rapprocher les médias des réalités locales et à valoriser les régions. Par cet appui, l’ADRCT réaffirme son attachement au rôle des médias dans la promotion du développement, de la cohésion sociale et de la visibilité du cercle de Tombouctou.
À travers ses actions, l’association confirme sa volonté de ne pas être spectatrice, mais actrice du développement local, en phase avec les politiques nationales de décentralisation et les aspirations profondes des populations de Tombouctou.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté depuis Tombouctou
