
A l’occasion de l’an 1 de la proclamation de la Révolution progressiste populaire, le président du Faso, Ibrahim Traoré, est longuement revenu sur la situation sécuritaire et politique de son pays à travers une grande interview accordée à plusieurs médias et diffusée hier soir. Au cœur de ses déclarations : l’affaire impliquant l’ancien chef de la transition, Paul-Henri Damiba, accusé de tentative de coup d’État et d’atteinte à la sûreté de l’État.
Selon le chef de l’État, il ne s’agirait pas de la première tentative de déstabilisation visant son régime depuis son arrivée au pouvoir. Toutefois, il affirme que, dans ce dossier précis, les autorités disposent cette fois-ci d’éléments probants. « Nous avons des preuves accablantes », a-t-il insisté, évoquant un dossier solidement documenté transmis aux autorités togolaises.
Ibrahim Traoré a indiqué que son gouvernement avait, à plusieurs reprises, interpellé Togo au sujet des activités présumées de son prédécesseur, installé dans ce pays depuis sa chute. Il précise que l’ancien dirigeant a été entendu par les autorités togolaises avant son extradition vers Burkina Faso.
Le président burkinabè a également expliqué qu’il s’est toujours abstenu d’ouvrir des poursuites contre ses prédécesseurs, par respect pour la fonction présidentielle. Une position de principe qui, selon lui, ne signifie pas pour autant l’absence de responsabilités dans certains dossiers.
Dans ses déclarations, le capitaine Traoré a accusé Paul-Henri Damiba d’avoir basculé dans une logique de déstabilisation active du régime. Il évoque notamment un projet visant à semer le chaos à Ouagadougou, avec pour objectif de provoquer un maximum de victimes afin de parvenir à ses fins.
Plus grave encore, le président de la transition a évoqué une supposée collusion avec des groupes terroristes, qui auraient été mobilisés pour mener des attaques simultanées contre des positions militaires afin d’empêcher toute intervention en soutien à la capitale.
Au-delà de ces accusations, Ibrahim Traoré a affirmé que les investigations en cours révèlent une affaire d’ampleur internationale. « Nous découvrons que cela implique plusieurs pays, y compris des pays dits amis, ainsi que des personnalités à travers le monde », a-t-il déclaré, évoquant l’existence d’un réseau structuré et d’une « grosse machine » à l’œuvre.
Le dossier, désormais entre les mains de la justice, continue de faire l’objet d’enquêtes approfondies, a assuré le président, précisant qu’un juge a déjà rencontré l’ancien chef de la transition dans le cadre de la procédure.
Abdrahamane Baba Kouyaté

1 PENSE SUR “Burkina Faso : Ibrahim Traoré fait le point sur l’affaire Damiba”
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