
Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a présidé ce jeudi au palais de Koulouba une cérémonie de remise symbolique de chèques géants du Fonds minier de développement local à neuf communes du pays. L’événement s’est déroulé en présence du Premier ministre, du président du Conseil national de Transition et de plusieurs membres du gouvernement, dont les ministres chargés de l’Administration territoriale, des Mines ainsi que de l’Économie et des Finances.
Cette initiative marque une étape dans la mise en œuvre de l’une des recommandations issues des Assises nationales de la Refondation, qui préconisaient une meilleure redistribution des revenus tirés de l’exploitation des ressources minières au profit des collectivités territoriales et des populations.
Pour l’exercice 2025, le Fonds minier de développement local s’élève à plus de 18,4 milliards de FCFA, selon le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. Ces ressources proviennent des contributions versées par les sociétés détentrices de titres d’exploitation minière ainsi que par les entreprises disposant d’autorisations industrielles d’exploitation de carrières.
La répartition de ce fonds a été décidée à l’issue de la première réunion du comité de suivi tenue le 2 mars dernier. Le principe retenu prévoit que 50 % des ressources soient attribuées aux communes directement concernées par l’activité minière, 25 % aux autres collectivités de la zone minière, tandis que les 25 % restants sont destinés aux collectivités des autres régions du Mali. Pour les autorités, cette répartition vise à instaurer un certain équilibre et à garantir une meilleure justice territoriale dans le partage des revenus miniers.
La cérémonie de remise symbolique a concerné des collectivités issues des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Bougouni, Kita, Tombouctou, San, Gao et Kidal. En réalité, ce fonds est destiné à l’ensemble des 819 communes du Mali, les neuf collectivités représentées à Koulouba servant uniquement d’illustration de cette redistribution nationale.
Au nom des bénéficiaires, le maire de la commune rurale d’Alafia, dans la région de Tombouctou, Yéhia Ha Konta, a exprimé sa reconnaissance envers les autorités de la Transition. Selon lui, la relecture du code minier et la politique de contenu local engagées ces dernières années visent à faire en sorte que l’exploitation des ressources naturelles profite davantage aux populations maliennes.
Les autorités espèrent que ces ressources permettront de financer des projets utiles aux populations, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’accès aux services sociaux de base et du développement économique local. Le Président Assimi Goïta a insisté sur la nécessité d’utiliser ces fonds de manière responsable afin d’obtenir des résultats concrets dans les communes.
Un dispositif de suivi a été mis en place pour contrôler l’utilisation des ressources. Il repose sur trois niveaux de contrôle : un comité communal, un comité régional et un comité national. Selon le Chef de l’État, ce mécanisme permettra de s’assurer que les fonds servent réellement à améliorer les conditions de vie des populations.
Le Président de la Transition a également averti que tout cas de mauvaise gestion pourrait entraîner des poursuites judiciaires, dans un contexte où les autorités affirment vouloir renforcer la lutte contre la corruption et promouvoir une gestion plus transparente des ressources publiques.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
