
Plus d’une semaine après l’enlèvement de Me Mountaga C. Tall, la famille de l’avocat malien hausse le ton. Dans une déclaration rendue publique le 11 mai 2026 à Bamako, elle annonce l’ouverture prochaine de poursuites judiciaires non seulement contre les auteurs présumés de son enlèvement, mais également contre les personnes accusées de diffuser des informations diffamatoires et haineuses à son encontre sur les réseaux sociaux.
La famille rappelle qu’elle avait déjà dénoncé, dans un communiqué publié le 3 mai dernier, « l’enlèvement » de Me Tall à son domicile dans la nuit du 2 mai 2026 par des hommes armés non identifiés. Depuis lors, affirme-t-elle, aucune information officielle ne lui a été communiquée sur l’identité des ravisseurs, le lieu de détention ou les conditions de séquestration de l’avocat.
Selon la déclaration, aucune autorité judiciaire n’a, à ce jour, notifié à la famille l’existence de poursuites engagées contre l’ancien ministre et avocat. Elle insiste également sur les dispositions du règlement n°05/2005/CM/UEMOA qui encadrent les poursuites pénales visant les avocats dans l’espace UEMOA. Le texte rappelle qu’aucun avocat ne peut être poursuivi sans autorisation écrite préalable du Procureur général ou du président de la chambre de l’instruction, après consultation du bâtonnier.
Dans son communiqué, la famille dénonce surtout « la diffusion massive de publications et de vidéos » sur les réseaux sociaux, accusées d’attiser la haine et la violence tout en tentant d’associer Me Tall aux événements survenus le 25 avril dernier. Une campagne qui, selon elle, se poursuit malgré la mise en garde formulée le 28 avril 2026 par le procureur du pôle spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité.
Face à cette situation, la famille affirme avoir déjà constitué un collectif d’avocats chargé d’engager des actions judiciaires. Deux procédures distinctes sont envisagées : l’une visant les auteurs de l’enlèvement et de la séquestration de Me Tall, l’autre ciblant les personnes accusées de « diffamations et d’atteintes volontaires à son honneur ».
Elle s’appuie notamment sur le communiqué du bâtonnier de l’Ordre des avocats qui rappelle que l’enlèvement et la séquestration constituent des infractions prévues et punies par la loi pénale.
Tout en exprimant son inquiétude quant à l’état de santé physique et psychologique de Me Tall, la famille remercie les nombreuses personnes et communautés qui lui témoignent leur soutien depuis le début de cette affaire.
Dans un appel à l’apaisement, elle invite également les Maliens « au rassemblement et à la prière pour le Mali et pour toutes les victimes civiles et militaires », affirmant que Me Tall a toujours porté ce message d’unité nationale.
Enfin, la famille promet de tenir régulièrement l’opinion publique informée de l’évolution des recherches à travers les avocats constitués, dans le respect du secret professionnel.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
