
Le gouvernement malien a exprimé son indignation après l’entrée jugée illégale sur le territoire national d’un correspondant des médias saoudiens Al Arabiya et Al Hadath. Dans une note officielle, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale accuse le journaliste Ibrahim Moustapha d’avoir exercé ses activités en violation de la souveraineté du Mali.
Selon les autorités maliennes, le correspondant aurait pénétré dans le pays sans autorisation régulière et en lien avec des groupes terroristes opérant dans certaines zones du territoire. Bamako considère cette situation comme une atteinte grave à l’intégrité nationale et dit avoir saisi les autorités du Royaume d’Arabie saoudite pour faire part de sa « vive désapprobation ».
Le ministère rejette également les informations diffusées par le journaliste, qualifiées de « mensongères » et « sans fondement ». Les autorités estiment que ces publications avaient pour objectif de porter atteinte à l’image des Forces de défense et de sécurité du Mali, engagées dans la lutte contre l’insécurité et le terrorisme.
Dans son communiqué, le département des Affaires étrangères évoque aussi une violation des principes professionnels du journalisme. Le gouvernement dénonce ce qu’il considère comme un manquement sérieux aux règles d’éthique et de déontologie qui encadrent la profession.
Les autorités maliennes rappellent par ailleurs que l’Arabie saoudite demeure un partenaire historique et un pays ami du Mali. Toutefois, elles avertissent que des actes de cette nature pourraient affecter les relations bilatérales entre les deux États s’ils venaient à se répéter.
Bamako souligne enfin que de tels agissements pourraient donner lieu à des sanctions conformément aux lois maliennes en vigueur. Le ministère réaffirme sa détermination à défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité nationale face à toute action jugée hostile aux intérêts du pays.
ABK
[03:33, 19/05/2026] dra: Le ministre Oumou Sall Seck : « Les ennemis du Mali veulent nous diviser pour piller nos richesses »
À l’occasion de la deuxième session du comité de pilotage du projet An Ka Baara, financé par l’Italie et mis en œuvre par Organisation internationale du Travail, la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, a livré un message fort de sensibilisation et de mobilisation citoyenne autour des enjeux sécuritaires et économiques du Mali.
Revenant sur les événements tragiques du 25 avril, marqués par des attaques coordonnées attribuées à des groupes terroristes et ayant conduit à la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, la ministre a insisté sur la responsabilité collective des Maliens dans la préservation de la stabilité nationale.
« La stabilité du Mali ne viendra pas d’ailleurs », a-t-elle martelé devant les participants, appelant chaque citoyen à faire preuve de vigilance face aux tentatives d’infiltration et de déstabilisation du pays. Pour Oumou Sall Seck, les attaques du 25 avril doivent pousser les patriotes à une profonde introspection sur les comportements susceptibles de fragiliser la nation.
Dans un ton grave, la ministre a dénoncé les complicités internes qui, selon elle, facilitent l’action des groupes armés. « Quand on a une dignité, on ne peut pas composer avec des traîtres ni être soi-même la porte d’entrée de ces traîtres », a-t-elle déclaré, estimant que les ennemis du Mali cherchent avant tout à semer la peur, décourager les Forces armées maliennes et créer la division au sein de la population.
Au-delà du volet sécuritaire, Oumou Sall Seck a également mis en lumière les enjeux économiques liés à la stabilité du pays. Elle a souligné que le Mali connaît aujourd’hui une phase stratégique d’exploitation de ses ressources naturelles, notamment avec la construction récente de deux usines de lithium, présentée comme un symbole d’espoir pour l’emploi et la création de richesses nationales.
La ministre a également évoqué les perspectives liées au pétrole et aux autres ressources minières, tout en rappelant que leur exploitation demeure étroitement liée au retour durable de la sécurité. « S’il n’y a pas de stabilité, nous ne pourrons jamais exploiter pleinement ces ressources », a-t-elle averti.
Face aux défis sécuritaires et économiques, Oumou Sall Seck a appelé les Maliens à ne pas céder à la peur ni à la manipulation. Selon elle, la résilience nationale passe par l’unité, la vigilance citoyenne et le soutien aux Forces armées engagées quotidiennement sur le terrain.
À travers cette intervention, la ministre a voulu placer la question de la stabilité au cœur du développement économique du Mali, tout en sensibilisant les citoyens sur les risques liés aux divisions internes et aux stratégies de déstabilisation visant le pays.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
