
À la suite des attaques terroristes du 25 avril 2026 ayant coûté la vie au ministre de la Défense, le général d’armée Sadio Camara, la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, a initié une série de visites de sensibilisation dans plusieurs centres de formation de Bamako. Objectif : renforcer chez les jeunes les valeurs de patriotisme, de citoyenneté et de vigilance face à la désinformation et aux menaces qui pèsent sur le pays.
La première étape de cette tournée a conduit la délégation ministérielle au Centre d’orientation professionnelle de coupe et couture, en Commune III du district de Bamako. Créé en septembre 1972, cet établissement forme chaque année près de 1 000 jeunes filles et femmes dans les métiers de la coupe et couture.
À l’accueil de la délégation, le coordinateur des chefs de quartier de la Commune III a salué les efforts des autorités de la Transition dans la gestion des défis actuels du pays, tout en appelant à la poursuite des actions engagées pour la stabilité nationale.
Le maire de la Commune III a, quant à lui, rappelé la portée des événements du 25 avril 2026. Selon lui, cette date constitue un moment marquant de l’histoire récente du Mali et doit interpeller les citoyens sur la nécessité de préserver le vivre-ensemble, la cohésion sociale et l’unité nationale.
Prenant la parole, le directeur du centre, Sabou Fané, est revenu sur la mission sociale de l’établissement. Il a expliqué que le centre avait été créé pour offrir une opportunité de formation aux jeunes filles et femmes n’ayant pas eu accès à l’école classique.
Malgré les différentes crises traversées par le Mali, notamment les difficultés économiques et sécuritaires, l’établissement a toujours poursuivi ses activités, a-t-il souligné.
Face aux apprenantes, la ministre Oumou Sall Seck a salué l’engagement du centre dans la formation et l’encadrement des jeunes. Elle a insisté sur le rôle essentiel des structures de formation professionnelle dans la construction de la citoyenneté.
Évoquant les attaques du 25 avril, elle a rendu hommage au général d’armée Sadio Camara, estimant que le Mali avait traversé une période particulièrement difficile.
« Nous devons tout faire pour que cela ne se reproduise plus », a-t-elle déclaré, appelant les jeunes à faire preuve de responsabilité et de vigilance face aux tentatives de manipulation et aux discours de division.
Pour la ministre, la défense du pays ne relève pas uniquement des autorités politiques ou militaires. Elle a rappelé que chaque citoyen a un rôle à jouer dans la préservation de la paix et de la stabilité nationale.
Dans cette dynamique, elle a demandé aux responsables du centre d’introduire davantage de modules consacrés au civisme, au patriotisme et à la citoyenneté dans les programmes éducatifs.
La visite a également été marquée par une remise de matières d’œuvre destinée à soutenir les activités pédagogiques du centre.
La délégation ministérielle s’est ensuite rendue à École dentaire Tamadjan Niambélé, ouverte en novembre 2011. Le directeur de l’établissement, Boubacar Niambélé, a présenté les différentes formations proposées dans le domaine dentaire, notamment la fabrication de prothèses et les cursus accessibles aux titulaires du DEF et du baccalauréat.
Selon lui, l’école offre de réelles perspectives d’insertion professionnelle aux jeunes, tout en disposant d’un cabinet dentaire permettant de renforcer la formation pratique des étudiants.
Au cours des échanges, les responsables de l’établissement ont insisté sur les dangers liés à la désinformation sur les réseaux sociaux.
Le directeur des études, Sadio Dembélé, a notamment alerté sur la propagation des fausses informations, particulièrement auprès des jeunes.
« Les réseaux sociaux sont devenus des espaces fortement exposés à la désinformation », a-t-il indiqué, appelant les élèves à vérifier les informations avant toute diffusion.
À travers cette initiative, le ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle entend faire des centres de formation des espaces d’apprentissage, mais aussi des cadres de sensibilisation citoyenne capables de contribuer à la résilience de la jeunesse face aux défis sécuritaires auxquels le Mali est confronté.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
