
L’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) a réagi à la condamnation du journaliste malien Chahana Takiou, prononcée le 3 août 2026 par le Tribunal du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité de Bamako. Dans un communiqué publié le 5 août, l’organisation estime que cette décision soulève des préoccupations en matière de liberté d’expression et de liberté de la presse.
Rédacteur en chef de l’hebdomadaire 22 Septembre, Chahana Takiou a été reconnu coupable d’« atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire » et condamné à une peine d’un an d’emprisonnement. Son arrestation remonte au 8 juin 2026, après des déclarations publiques dans lesquelles il critiquait le recours à la loi sur la cybercriminalité dans le traitement judiciaire d’un autre journaliste.
Dans sa déclaration, Human Rights Watch considère que cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large concernant les poursuites engagées contre des journalistes et d’autres acteurs de la société civile au Mali. L’organisation cite également le cas d’Abdramane Keïta, directeur de publication du journal Le Témoin, placé en détention provisoire et poursuivi pour « délit à caractère régionaliste tendant à porter atteinte à l’unité nationale et au crédit de l’État ». Son procès est prévu le 17 août 2026.
L’organisation appelle les autorités maliennes à annuler la condamnation de Chahana Takiou, à le remettre en liberté et à abandonner les poursuites qu’elle estime liées à l’exercice pacifique de la liberté d’expression. Elle invite également les autorités à revoir l’application de la législation sur la cybercriminalité dans les affaires impliquant des journalistes.
Cette prise de position s’inscrit dans les interventions régulières de Human Rights Watch sur les questions relatives aux droits humains, à la liberté de la presse et à la protection des journalistes dans plusieurs pays, dont le Mali.
La Rédaction
