
Le Centre Sahel a présenté, ce 2 juillet 2026, les résultats de son premier sondage national d’opinion sur la perception des Maliens à l’égard de la Transition. Les conclusions de l’étude ont été dévoilées lors d’une conférence de presse animée par le président du Centre Sahel, Yaya Mémé, et le représentant du GISSE, Sidiki Guindo, dans un hôtel de la capitale.
Selon les organisateurs, l’enquête a été menée durant un mois auprès de 2 320 personnes âgées de 18 ans et plus, alors que l’échantillon initial prévoyait 2 250 répondants. Le sondage a été réalisé dans les capitales régionales, à l’exception de Kidal, ainsi qu’à Bamako, qui concentre le plus grand nombre de participants. Les responsables notamment le représentant du GISSE ont précisé que l’étude ne couvre pas les zones rurales et qu’elle ne constitue ni un plaidoyer ni une prise de position, mais vise à refléter la perception des populations afin d’alimenter le débat public.
Les résultats ont indiqué que 83,9 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites de la gestion de la Transition, dont 48 % très satisfaites et 36 % plutôt satisfaites. Par ailleurs, 86,7 % des répondants ont affirmé ne pas être favorables à l’organisation d’élections dans le contexte actuel. 92% se sont dits favorables au maintien du président au pouvoir.
L’étude a révélé également que plus de 87 % des personnes interrogées soutiennent la loi accordant un mandat de cinq ans au chef de l’État de la Transition. Une proportion similaire approuve la dissolution des partis politiques.
Concernant les réalisations les plus connues des autorités, les répondants ont cité en priorité la construction de forages et les dons alimentaires.
Sur le plan des personnalités publiques, Chérif Ousmane Haïdara et Bouyé Haïdara recueillent chacun une opinion favorable de 85 %, contre 20 % pour Mahamoud Dicko.
S’agissant des partenaires internationaux, 91 % des personnes interrogées expriment une opinion favorable à la Russie. À l’inverse, des opinions défavorables sont relevées à l’égard de la France, de la Mauritanie, de la CEDEAO et de l’Algérie. Les principales attentes exprimées portent sur le renforcement de la lutte contre le terrorisme, l’amélioration de la sécurité et de l’accès à l’énergie.
Au terme de l’étude, les personnes enquetées ont recommandé aux autorités de consolider les acquis sécuritaires, renforcer la communication avec les populations, préparer une transition progressive et restaurer la confiance politique.
Lamine BAGAYOGO
