
Médecins Sans Frontières (MSF) a officiellement lancé, mercredi 26 août 2026 à Ansongo, le programme Soins Cliniques en Obstétrique et Santé de la Femme (SCOSF). Prévu pour durer 18 mois, le programme vise à renforcer les compétences des sages-femmes et infirmières obstétricales afin d’améliorer la qualité de la prise en charge des femmes et des nouveau-nés dans le district sanitaire.
Le coup d’envoi est donné pour 18 mois de formation, de pratique et de mentorat clinique. Porté par l’Académie de Médecins Sans Frontières, le programme SCOSF entend répondre à un enjeu majeur : renforcer les compétences des professionnels directement engagés dans les soins obstétricaux et la santé de la femme.
La cérémonie de lancement a réuni les autorités administratives, coutumières et sanitaires, les responsables de MSF ainsi que les professionnels de santé concernés par la formation.
Une présentation du programme a été faite par Olivier Guisson, mentor clinique à l’Académie MSF, permettant aux participants de mieux comprendre les objectifs, le contenu et les différentes étapes du dispositif.
Le programme repose sur une alternance entre sessions théoriques et pratiques, complétée par un accompagnement clinique au quotidien. Les participants bénéficieront également d’un suivi de la qualité des soins à travers des évaluations réalisées au cours du programme.
Le représentant du maire, Mahamadou Dounda, a salué le lancement du programme, estimant qu’il participe au renforcement de la prise en charge sanitaire à Ansongo. Il a, au nom de la commune, remercié MSF pour les actions déjà réalisées et celles envisagées dans le cadre de sa mission.
Pour le coordinateur adjoint de MSF Ansongo, Issa Ibrahim Touré, cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’accompagnement engagé par l’Académie MSF au Mali depuis 2022. Il souligne que les expériences menées à Koutiala, Niono et Tenenkou ont montré l’importance de la formation continue dans l’amélioration des pratiques professionnelles. « Investir dans les compétences du personnel de santé, c’est investir directement dans la qualité des soins et dans l’avenir des femmes et des familles d’Ansongo », a-t-il déclaré.
Le médecin-chef du district sanitaire d’Ansongo, Abdoul Baki Diallo, a salué une initiative destinée à renforcer directement les capacités des équipes sur le terrain. « Il s’agit d’outiller nos sages-femmes et nos infirmières obstétricales pour qu’à la fin, elles soient aptes et compétentes à servir », a-t-il expliqué.
Il a appelé les participants à faire preuve d’assiduité et de discipline durant les 18 mois de formation, estimant qu’il s’agit d’une « opportunité à saisir ». Il a également invité les formateurs à privilégier une approche pédagogique adaptée aux besoins des apprenants.
La préfète par intérim d’Ansongo, Alfadilatou Maïga, a pour sa part présenté la formation comme un levier pour améliorer les services de santé. Elle a salué l’accompagnement de MSF et encouragé les participants à rester assidus afin de tirer pleinement profit de cette formation.

Depuis son implantation au Mali en 2022, l’Académie MSF a déployé plusieurs programmes de renforcement des compétences des professionnels de santé. Les formations en Soins Infirmiers Cliniques de Base (SICB) ont notamment été conduites à Koutiala et Niono, tandis que le programme SCOSF a déjà été mis en œuvre à Tenenkou.
Selon les données présentées lors de la cérémonie, ces différents programmes ont permis de certifier 221 infirmiers, 13 sages-femmes et 11 infirmières obstétriciennes. Les certificats délivrés à l’issue des formations SICB et SCOSF sont reconnus par le ministère de la Santé.
Après Koutiala, Niono et Tenenkou, Ansongo devient ainsi un nouveau terrain d’intervention de l’Académie MSF. D’autres programmes sont également en préparation à Niafounké et Douentza.
L’objectif est désormais de transformer ces 18 mois de formation en compétences directement mobilisables dans les structures de santé. Pour les autorités comme pour MSF, la réussite du programme reposera autant sur la qualité de l’accompagnement que sur l’engagement et l’assiduité des professionnels formés.
Par Djibrilla Touré
