
À 9 h 30, ce vendredi 18 septembre 2026, la salle de conférence du ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle commence à se remplir. Entrepreneurs, partenaires financiers, facilitateurs, représentants des institutions et journalistes prennent place pour découvrir les contours de la 5e édition de FACEJ SUGU, prévue du 23 au 26 septembre 2026 au Palais de la Culture de Bamako.
Mais cette conférence de presse n’a pas seulement servi à annoncer l’ouverture prochaine de la foire. Au fil des interventions, les témoignages des bénéficiaires, des facilitateurs et des institutions financières ont surtout permis de mesurer le chemin parcouru par des jeunes entrepreneurs accompagnés par le Fonds d’Appui à la Création d’Entreprises par les Jeunes (FACEJ).
Cette dynamique est également saluée par les partenaires techniques et financiers. Représentante du Royaume du Danemark et de l’Ambassade des Pays-Bas, Mme Hannah Zevenbergen a relevé les résultats enregistrés par le programme et salué une collaboration fondée sur « un engagement commun pour créer des opportunités aux jeunes entrepreneurs et contribuer au développement de leurs entreprises ». Elle a également félicité la direction du projet et son équipe pour le travail accompli, tout en souhaitant plein succès à cette cinquième édition.

Pour cette cinquième édition, quelque 150 stands permettront au public de découvrir des entreprises, leurs produits et les parcours de leurs promoteurs. Pendant quatre jours, FACEJ SUGU 5 entend ainsi rapprocher les entrepreneurs du public, des institutions financières, des investisseurs et de potentiels partenaires commerciaux.
Des témoignages qui donnent un visage au FACEJ
Dans la salle, les chiffres cèdent rapidement la place aux histoires personnelles. Mme Traoré Fatoumata, promotrice de Team House, raconte ce que l’accompagnement a changé dans son entreprise. Avant l’intervention du FACEJ, dit-elle, elle avait déjà une vision et des produits. Le financement obtenu lui a cependant donné « une bouffée d’air » pour poursuivre son développement.
Pour elle, l’apport du FACEJ ne s’est pas limité à l’argent. L’accompagnement lui a également permis de travailler sur la modernisation de ses produits, leur accessibilité, l’amélioration des revenus et la conquête de nouveaux marchés.
Même tonalité chez Mady Diaby, fondateur d’I-Katchi Express, une entreprise de livraison à Bamako. Son parcours commence par la formation et la consolidation de son idée entrepreneuriale avant d’aboutir au financement.
Grâce à cet appui, l’entreprise a pu acquérir des motos et une voiture de livraison. Le suivi assuré par le dispositif a également contribué, selon le promoteur, à mieux structurer son activité et à nourrir son ambition de créer davantage d’emplois.
« Nous voulons créer plusieurs emplois et contribuer à réduire le chômage dans notre pays », a-t-il expliqué.
L’accompagnement, au cœur du dispositif
Pour Drissa Niamba, représentant du bureau de facilitation Caza, ces témoignages illustrent l’importance du suivi dans la durée. Depuis FACEJ I jusqu’à FACEJ II, Caza a accompagné 80 jeunes, dont 34 entreprises, selon les données présentées lors de la rencontre.
Une enquête annuelle permet également de suivre l’évolution des entreprises accompagnées. Sur les 80 jeunes suivis, 64 entreprises ont pu être attestées comme existantes, a indiqué le facilitateur.
Caza a par ailleurs mis en place plusieurs mécanismes de suivi, dont le « Jeune patron du mois », qui prend notamment en compte l’évolution du chiffre d’affaires et la bancarisation. Les consultations entrepreneuriales et les « Journées Caza », consacrées au réseautage, complètent ce dispositif.
Pour Drissa Niamba, FACEJ SUGU constitue une véritable vitrine pour les jeunes entrepreneurs. Il appelle toutefois à retenir une leçon essentielle : le financement n’est que le début du parcours. La pérennité d’une entreprise repose également sur le suivi, la structuration et la capacité du promoteur à faire évoluer son activité.
Les banques dans la chaîne du financement
La BNDA, partenaire financier du FACEJ, était également représentée à la conférence. Amadou Ousmane Bocoum a rappelé que le partenariat entre les deux structures remonte à 2019.
Selon les chiffres présentés, cette collaboration a permis de financer 1 587 projets d’entreprises de jeunes pour plus de 3,3 milliards de FCFA.
L’un des principaux obstacles rencontrés par les jeunes entrepreneurs demeure l’accès au crédit, notamment en raison des difficultés liées aux garanties. C’est dans ce domaine que le mécanisme de garantie de portefeuille intervient en permettant de partager les risques entre les acteurs.
Selon la BNDA, ce dispositif a permis à des jeunes d’accéder à des financements à un taux de 8 %, alors que le même processus pouvait atteindre 10 à 12 % sans ce mécanisme. La banque a réaffirmé sa volonté de poursuivre son partenariat avec le FACEJ.
Quatre jours entre exposition, échanges et opportunités

Présenté par la cheffe de mission du programme phase II, Christine Kabore Kayitesi, le FACEJ SUGU 5 comporte un calendrier très riche en activités. Du 23 au 26 septembre, le Palais de la Culture de Bamako deviendra le point de rencontre de nombreux acteurs de l’entrepreneuriat.
La cérémonie d’ouverture, les prestations artistiques et la visite des stands donneront le coup d’envoi le mercredi 23 septembre. Jeudi sera notamment consacré au Grin des femmes entrepreneures, à un panel d’inspiration entrepreneuriale, aux visites guidées des stands et à un défilé de mode.
Vendredi, les participants auront droit à un grand panel sur l’entrepreneuriat, le développement des MPME, l’accès au financement et les opportunités d’investissement. Les rencontres d’affaires, le réseautage, une tombola et un grand concert sont également au programme.
Samedi 26 septembre, les rencontres B2B, une activité éducative et récréative avec des établissements scolaires invités, la préparation de la clôture et la remise de prix marqueront la dernière journée, avant un grand concert.
Une vitrine pour raconter les réussites
Pour Bandiougou Danté, président de la Maison de la presse et invité d’honneur, FACEJ SUGU ne doit pas être considéré comme une simple foire. Les parcours racontés durant la conférence constituent, selon lui, des sujets qui méritent d’être davantage connus.
Lorsqu’un jeune crée une entreprise, estime-t-il, il crée aussi de l’espoir et des perspectives d’emploi. Il a ainsi invité les médias à ne pas se limiter à annoncer les activités, mais à suivre les entrepreneurs, documenter leurs difficultés et rendre compte des résultats obtenus.
Une démarche qui rejoint l’esprit de cette cinquième édition : montrer les produits, mais aussi raconter les femmes et les hommes qui les portent.
17 milliards de FCFA pour FACEJ II

Dans son intervention, le secrétaire général du ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Drissa Guindo, a transmis les salutations de la ministre, empêchée par sa participation au Conseil des ministres.
Il a salué les différents témoignages livrés au cours de la conférence, qu’il considère comme un véritable bilan du FACEJ. Il a également rappelé que la deuxième phase du programme, FACEJ II, dispose d’un budget de 17 milliards de FCFA pour la période 2024-2027.
Cette phase vise notamment à renforcer l’autonomisation des jeunes à travers la création et le développement d’entreprises durables, avec un accent particulier sur l’économie verte. Elle cible dix localités : Kita, Sikasso, Bamako, Ségou, Bougouni, Koutiala, Mopti, San, Dioïla et Tombouctou, avec l’ambition de financer 1 500 entreprises.
À quelques jours de l’ouverture de FACEJ SUGU 5, les témoignages livrés à la conférence de presse donnent déjà un aperçu de ce que les visiteurs pourront découvrir. Du financement à la formation, du suivi à la création d’emplois, les entreprises accompagnées viendront du 23 au 26 septembre raconter leur propre parcours au Palais de la Culture de Bamako.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
