
Dans une allocution solennelle prononcée le 19 octobre à Yaoundé, le candidat de l’opposition Issa Tchiroma Bakary a accusé les autorités électorales et le régime sortant d’avoir orchestré “une vaste manipulation” des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre. “Le peuple a choisi le changement, mais on veut lui voler sa victoire”, a-t-il lancé, dénonçant un “hold-up électoral organisé contre la volonté populaire”.
Le candidat du Front pour la Démocratie et le Développement a pointé du doigt “des bourrages d’urnes”, “des procès-verbaux falsifiés” et “des scrutateurs chassés des bureaux de vote”. Citant des exemples précis, notamment à Makari et dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, il a fustigé des “résultats impossibles” attribuant des scores écrasants au régime sortant dans des zones pourtant marquées par le rejet du pouvoir. S’adressant directement au Conseil constitutionnel, Issa Tchiroma a exhorté ses membres à “être du côté de la vérité et du peuple”, rappelant que leur décision déterminera “l’avenir de la Nation”.
Dans un ton mêlant gravité et détermination, l’opposant historique a également interpellé le président sortant, Paul Biya, l’invitant à “sortir par la grande porte” après 43 ans de pouvoir. Il a appelé la communauté internationale, notamment l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations unies, à “ne pas rester silencieuse face à la fraude”. “Ce n’est pas ma victoire, c’est celle du peuple camerounais”, a-t-il affirmé, promettant de défendre “coûte que coûte” ce qu’il considère comme la volonté populaire. “Le Cameroun est à un tournant : soit nous acceptons encore une fois le mensonge, soit nous prenons en main notre destin.”
ABK
