
Bamako vibrait mardi 18 novembre 2025. Dès le matin, le stade du 26 Mars a été pris d’assaut par une foule enthousiaste. Jeunes entrepreneurs, investisseurs, étudiants et simples curieux se pressaient pour assister à l’ouverture du tout premier Salon International de l’Entrepreneuriat de l’AES, un événement d’envergure régionale sous le thème « Entrepreneuriat, facteur d’intégration et de développement économique des pays de la confédération AES ».
À la tribune, le ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, a tenu un discours vibrant. Elle a souligné la vision du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, pour un Mali souverain, entreprenant et stratégiquement positionné dans la région. « Ce Salon est au service du Mali et de sa jeunesse », a-t-elle lancé devant un public captivé, rappelant l’importance de valoriser l’initiative privée et d’offrir aux jeunes les outils pour transformer leurs idées en entreprises solides.
La réussite de ce pari était visible dès l’ouverture : la mobilisation exceptionnelle, les délégations venues du Burkina Faso, du Niger et du Ghana, ainsi que la présence d’investisseurs internationaux, ont donné à Bamako des airs de capitale économique de l’espace AES. L’ambassadeur du Ghana a salué l’événement comme « un rêve pour la jeune génération », tandis que Boubacar Savadogo, ministre burkinabè en charge de la formation professionnelle et porte-parole des pays de l’AES, a insisté sur la vision commune des chefs d’État pour faire de la jeunesse un moteur de création de richesse et d’emplois.
Tout au long de son allocution, Oumou Sall Seck a insisté sur les atouts du Mali : son potentiel agricole et minier, sa position géographique stratégique et, surtout, sa jeunesse créative et ambitieuse. Elle a également rendu hommage aux investisseurs nationaux, citant en exemple le Groupe TOGUNA et le groupe Kouma SOMALIM pour leur rôle exemplaire dans le soutien à l’économie nationale.
Le ministre a reconnu les défis que doivent affronter les entrepreneurs maliens : accès au financement, contraintes énergétiques, concurrence extérieure et séquelles des sanctions économiques. Mais pour elle, ce Salon est une réponse concrète à ces obstacles : des formations spécialisées, des panels de haut niveau, des concours d’idées innovantes, des rencontres B2B et un espace dédié au contenu local pour favoriser la création d’emplois durables et le développement économique inclusif.
Le Premier ministre, Abdoulaye Maïga, dans son discours officiel, a rappelé que ce salon illustre la souveraineté économique du Mali et sa capacité à rester attractif pour les partenaires régionaux et internationaux. « Le Mali reste un pays fréquentable, en paix avec lui-même et avec les autres », a-t-il affirmé, soulignant l’importance de renforcer l’entrepreneuriat comme moteur de résilience et de développement face aux pressions internationales.
Durant ces quatre jours, le stade du 26 Mars se transforme en véritable carrefour d’innovation et d’échanges. La jeunesse malienne suit des ateliers pratiques, assiste à des panels, présente ses projets et rencontre des investisseurs pour transformer ses idées en réalités concrètes.
Oumou Sall Seck peut se réjouir : le pari est réussi. Par la mobilisation, l’ampleur et la qualité de l’événement, elle a démontré qu’un Mali entreprenant, créatif et résolument tourné vers l’avenir n’est pas un rêve, mais une réalité palpable. Pour les jeunes, ce salon n’est pas seulement une vitrine : c’est un tremplin pour bâtir un pays où l’entrepreneuriat devient un levier de souveraineté, d’emploi et de prospérité partagée.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
