
Sous un soleil matinal chargé d’émotion et d’espérance, le quartier de Sogoniko a vibré au rythme d’un engagement inédit : le lancement officiel du programme “Grin Mobile : de la Toxicomanie à l’Entrepreneuriat”, une initiative portée par le Club Malien de Convergence (CMC) pour offrir une seconde chance aux jeunes en situation de vulnérabilité. Financé par le Fonds d’Appui aux Moteurs du Changement (FAMOC), ce projet se positionne comme une réponse concrète à un fléau qui gangrène silencieusement les quartiers urbains : la toxicomanie chez les jeunes.
La cérémonie a réuni le 27 novembre 2025, un large éventail d’acteurs institutionnels, communautaires et associatifs. Leur seule présence suffisait à mesurer l’importance de cette ambition collective. Responsables ministériels, représentants de la Mairie de la Commune VI, chefs de quartier, leaders communautaires, partenaires techniques et organisations alliées ont tous répondu présent, témoignant d’une mobilisation rare autour d’un même combat : sauver la jeunesse malienne. Dès les premiers mots, le ton a été donné. Pas de formalisme, pas de distance. La parole s’est faite intime, vibrante, profondément humaine. « Ce n’est pas une simple cérémonie. C’est un acte d’amour, un acte de responsabilité, un acte d’espoir », a déclaré la coordonnatrice du projet, Amintou Sangho, la voix empreinte de conviction. « Il suffit parfois d’une seule main tendue pour sauver un jeune de l’ombre. Aujourd’hui, cette main, c’est nous. »
Pensé par et pour les jeunes, Grin Mobile ne se contente pas de lutter contre la toxicomanie ; il vient au plus près des réalités de terrain, là où les jeunes se retrouvent, vivent, doutent, parfois s’égarent : les grins, les rues, les carrefours, les zones oubliées. Le projet s’articule autour de quatre axes forts : créer un espace sûr pour accueillir les jeunes dans un cadre d’écoute et de respect ; réduire la progression de la toxicomanie en allant directement dans les milieux à risque ; former 30 pairs éducateurs capables de parler le langage des jeunes ; et former 120 jeunes à l’entrepreneuriat afin de convertir la vulnérabilité en dignité et la dépendance en autonomie. « Donner un métier, c’est donner une dignité ; donner une formation, c’est offrir une arme contre la rue », a rappelé la coordonnatrice. Dans un quartier comme Sogoniko, ce message résonne comme une promesse mais surtout comme un engagement.
Le CMC a tenu à saluer l’implication des institutions publiques, particulièrement le Ministère de la Jeunesse et des Sports, salué pour son soutien constant à l’insertion des jeunes. La Mairie de la Commune VI, partenaire clé, a également été chaleureusement remerciée pour sa disponibilité et son ouverture. Quant au FAMOC, son appui a été décrit comme un “acte de foi envers la jeunesse”, bien au-delà d’un financement classique. Les chefs de quartier, leaders communautaires et associations partenaires ont également reçu une reconnaissance appuyée pour leur rôle de sentinelles sociales, souvent en première ligne auprès des jeunes en difficulté.
Dans son intervention, le CMC a rappelé que ce programme n’est pas une opération ponctuelle, mais un engagement durable pour un Mali sans exclusion, sans stigmatisation et sans barrières ethniques. Un Mali où chaque jeune, même celui tombé dans l’ombre, mérite une chance de se relever. Le message adressé aux jeunes présents était clair, direct, bouleversant : « Tu as de la valeur. Tu as du potentiel. Tu peux te relever. Et nous serons là, pas pour te juger, mais pour te soutenir. » Et derrière cette déclaration, une vision puissante : changer une vie, c’est changer une famille ; changer une famille, c’est changer un quartier ; changer un quartier, c’est contribuer à transformer le pays.
Porté par les valeurs de solidarité, de respect et de fraternité, Grin Mobile se veut un modèle de transformation collective. Un programme que l’on ne regarde pas de loin, mais que l’on vit, que l’on porte, que l’on construit ensemble. Le CMC espère voir naître de ce projet des entrepreneurs fiers, des leaders assumés, des jeunes réconciliés avec eux-mêmes. Une jeunesse debout. Car comme l’a conclu la coordonnatrice : « Oui, nous pouvons sauver des vies. Oui, nous pouvons changer des destins. Oui, nous pouvons écrire une histoire différente. »
Par Abddallah Keïta
