
Le Bureau exécutif national (B.E.N.) du Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire, technique et professionnel et de l’éducation spécialisée (SY.P.E.S.CO.) a officiellement pris ses distances avec l’assemblée générale tenue le 14 avril 2026 par certains syndicats membres de la synergie des syndicats de l’éducation, signataires de l’accord du 15 octobre 2016.
Dans un communiqué rendu public le 11 avril 2026 à Bamako, le syndicat précise qu’il n’est « nullement partie prenante » de cette rencontre et souligne que les conclusions issues de ladite assemblée ne sauraient l’engager. Cette prise de position marque une nouvelle fracture au sein du mouvement syndical de l’éducation.
À l’origine de cette divergence, le SY.P.E.S.CO. évoque une tentative de certains syndicats de « piétiner les textes de la République » au profit d’intérêts qu’il juge personnels. Se réclamant d’une posture légaliste, l’organisation syndicale affirme avoir refusé de suivre cette orientation, notamment sur la question du statut des enseignants détenteurs de licence professionnelle issus de l’École normale supérieure (ENSUP), nouvelle formule.
Selon le syndicat, les dispositions réglementaires sont claires : ces diplômés sont destinés à l’enseignement fondamental (premier et second cycles), et non à l’enseignement secondaire général, technique, professionnel ou normal. Dans ce contexte, le SY.P.E.S.CO. estime qu’il serait risqué, voire contre-productif, de défendre une position contraire aux textes en vigueur.
Le B.E.N. insiste sur la nécessité de préserver la crédibilité de l’action syndicale, fondée selon lui sur le respect strict des lois et règlements. « Il n’est pas bienséant de défendre l’indéfendable », avertit le communiqué, mettant en garde contre toute démarche susceptible d’induire les enseignants en erreur.
Tout en affirmant n’avoir « aucun intérêt à nuire » aux détenteurs de licence professionnelle, le SY.P.E.S.CO. estime qu’encourager des revendications contraires aux textes reviendrait à exposer ces derniers à des risques dont ils pourraient difficilement se prémunir.
Face à cette situation, le syndicat appelle ses militantes et militants à poursuivre normalement leurs activités pédagogiques le 14 avril 2026, date de l’assemblée générale contestée. Il compte sur « la bonne compréhension et l’esprit de sacrifice » de ses membres pour maintenir la continuité du service éducatif.
Cette déclaration, signée par le secrétaire général Moulaye Koniba Coulibaly, intervient dans un contexte de tensions persistantes au sein du secteur éducatif malien, où les divergences d’interprétation des textes continuent d’alimenter les débats syndicaux.
« Ensemble pour combattre l’injustice syndicale », conclut le communiqué, en guise de mot d’ordre.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
