
Les efforts entrepris par les autorités maliennes pour assainir les finances publiques commencent à produire des résultats tangibles. Grâce à une meilleure mobilisation des ressources intérieures et à plusieurs réformes de gestion, le stock des paiements en attente au Trésor a connu une baisse significative au cours des derniers mois.
Cette évolution a été mise en avant lors de la 10e édition de la rencontre annuelle des services du Trésor, organisée du 15 au 18 juin 2026 sous la présidence du ministre de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou. Placée sous le thème de la gestion efficiente de la trésorerie comme levier stratégique des finances publiques, la rencontre a réuni les responsables du réseau du Trésor, des administrations partenaires et plusieurs acteurs économiques.
À cette occasion, le directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, Siaka Samaké, a dressé un bilan jugé encourageant de la situation de la trésorerie de l’État. Selon lui, les réformes engagées ces dernières années ont permis d’améliorer la capacité de l’administration à honorer ses engagements financiers tout en réduisant progressivement les retards de paiement.
Les chiffres présentés illustrent cette tendance. Au cours de l’exercice 2025, l’État a procédé au règlement de 1 587,1 milliards de FCFA au titre de la dette intérieure. Cette dynamique a contribué à faire reculer le volume des instances de paiement, qui est passé de 503,4 milliards de FCFA à fin 2024 à 308,9 milliards de FCFA un an plus tard.
La tendance s’est poursuivie durant le premier semestre 2026. À la date du 30 juin, le stock des paiements en attente au Trésor s’établissait à 231,5 milliards de FCFA, contre 475,6 milliards de FCFA à la même période de l’année précédente. Une amélioration qui traduit, selon les responsables financiers, les effets conjugués d’une meilleure gestion de trésorerie et d’une augmentation des ressources mobilisées par l’État.
Pour Siaka Samaké, la trésorerie constitue un maillon essentiel de la stabilité financière du pays. Une gestion rigoureuse permet non seulement de garantir le paiement des dépenses publiques dans des délais raisonnables, mais aussi de renforcer la crédibilité de l’État vis-à-vis des opérateurs économiques et des partenaires financiers.
Les autorités entendent désormais consolider ces acquis à travers la poursuite des réformes engagées. Parmi les priorités figure la digitalisation des services financiers de l’administration, notamment ceux chargés du recouvrement et de la mobilisation des recettes publiques.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, a souligné que la transformation numérique constitue aujourd’hui un levier majeur pour moderniser la gestion publique. Selon lui, la digitalisation des moyens de paiement permet d’améliorer la traçabilité des opérations, de réduire les délais de traitement et de sécuriser davantage les transactions financières.
Au-delà du bilan financier, la rencontre annuelle a également servi de cadre d’échanges sur plusieurs chantiers stratégiques, notamment le renforcement du contrôle interne, la sécurisation des deniers publics, l’amélioration des performances du réseau du Trésor et l’accélération de la modernisation des procédures administratives.
À l’issue des travaux, les participants étaient appelés à formuler des recommandations susceptibles d’accompagner la transformation des administrations financières et de renforcer l’efficacité de la gestion des ressources publiques. Un objectif qui s’inscrit dans la volonté des autorités de bâtir une gouvernance financière davantage orientée vers la performance, la transparence et la soutenabilité budgétaire.
Par Abdallah Keïta
