
Quand l’Union des Journalistes Reporters du Mali (UJRM) dépose sa valise, ce 27 décembre, à Bourem Inaly, c’est bien plus qu’une simple étape de tournée régionale. C’est une immersion dans une commune qui raconte, à elle seule, une autre image de la région de Tombouctou : résiliente, hospitalière et tournée vers l’avenir. Au cœur de cette dynamique, un homme : Salah Mahamoudou Touré, maire de la commune rurale de Bourem Inaly depuis 2016.
À plus d’une vingtaine de kilomètres de Tombouctou 30 km par voie fluviale, 18 km par la route Bourem Inaly s’étire paisiblement le long du fleuve. Entourée de terres fertiles, la commune offre un visage apaisant du Nord malien, loin des clichés de l’abandon. Ce paysage, Salah Mahamoudou Touré en a fait un levier de développement plutôt qu’un simple héritage naturel.
Créée en 1999, Bourem Inaly s’étend sur près de 4 000 km², principalement dans la vallée du Niger. Limitée au nord par la Salam, au sud par Lafia et Haribomo, à l’est par Ber et Hamzakoma et à l’ouest par Alafia et la commune urbaine de Tombouctou, elle est aujourd’hui l’une des communes les plus dynamiques du cercle. Sa population est passée de plus de 11 000 habitants à près de 17 000, tandis que son organisation territoriale a évolué : dix villages et quatre fractions aujourd’hui, contre huit villages et une seule fraction à l’arrivée du maire.
Cette transformation porte un nom. Discret, mesurant environ 1,70 m, Salah Mahamoudou Touré n’est pas de ceux qui s’imposent par les discours. Son leadership se lit dans les résultats. Médaillé du Mérite national de l’Administration territoriale et des Collectivités du Mali, il est aussi double lauréat du trophée du concours de transparence communale organisé par l’ONG AMSS dans le cadre du programme PGLR+, avec à la clé deux récompenses successives de sept millions de FCFA. Une reconnaissance rare dans un contexte où la gestion locale est souvent scrutée avec scepticisme.
Mais pour ses collaborateurs et les habitants, le vrai bilan se mesure sur le terrain. « Son secret, c’est l’économie locale », confie Oumar Asseydou Touré, deuxième adjoint au maire. Pendant trois campagnes agricoles consécutives, Salah Mahamoudou Touré a assuré sur fonds propres le carburant des grands périmètres villageois. Un appui décisif dans une commune où l’agriculture, l’élevage et la pêche constituent l’ossature de la survie quotidienne. Résultat : les populations restent, d’autres reviennent, et Bourem Inaly attire.
Les réalisations s’enchaînent. Quatre centres de santé communautaires fonctionnent dans la commune. Aucune école n’a fermé ses portes malgré les défis sécuritaires. Un centre de santé, quatre forages, une école et une grande mosquée ont été réalisés par ses soins. La radio communautaire Radio Beyrey, forte de 20 ans d’existence, a bénéficié d’un appui financier de quatre millions de FCFA, renforçant l’information de proximité et la cohésion sociale. Chaque 8 mars, les femmes reçoivent gratuitement des pagnes, un geste simple mais porteur de reconnaissance.
Lors de la Biennale artistique et culturelle, le maire a une nouvelle fois marqué les esprits en offrant plusieurs tonnes de riz et une enveloppe de cinq millions de FCFA pour l’accueil des troupes. Pour le chef de village, Alhousseyni Mahamar, cette générosité s’inscrit dans une vision plus large : « Ici, la religion et la cohésion sociale sont des forces. La commune compte cinq grandes mosquées, dont la plus grande construite par le maire. »
Salah Mahamoudou Touré est aussi entrepreneur. Promoteur et Directeur général de SOSA MAT SARL, il a fait de l’emploi des jeunes un combat personnel. Son entreprise emploie aujourd’hui des centaines de jeunes à travers le Mali, selon Abdoul Salam Touré, président du Conseil communal de la jeunesse. « Sans travail, il n’y a pas d’avenir », résume Oumou Haïdara, présidente de la coopérative des femmes de Bourem Inaly, qui souligne son engagement constant pour l’accès au matériel agricole et le soutien aux activités génératrices de revenus.
À Bourem Inaly, Salah Mahamoudou Touré n’est pas seulement un maire. Il est devenu un repère, un point d’équilibre, parfois même un espoir. Dans une région de Tombouctou longtemps éprouvée, il incarne l’idée que la gouvernance locale peut encore produire des résultats concrets. Un homme convaincu que le développement ne se proclame pas : il se cultive, patiemment, comme les terres du fleuve Niger qu’il a choisi de servir.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
