
Une vive controverse secoue actuellement le mouvement Ganda Izo à la suite de l’annonce d’une alliance avec le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), dirigé par Moussa Ag Acharatoumane. Alors qu’une première déclaration, datée du 9 avril 2026 à Gao, officialisait ce rapprochement, un communiqué de démenti publié le lendemain par une autre branche du mouvement est venu semer le doute sur la légitimité de cette initiative.
Dans la première déclaration, signée par Seydou Amadou Cissé, Ganda Izo National annonçait son alignement avec le MSA, invoquant une convergence de visions en matière de paix, de cohésion sociale et de défense de l’unité nationale. Le texte mettait également en avant les qualités du leader du MSA, tout en désignant ce dernier comme représentant et porte-parole commun des deux mouvements aux niveaux national et international.
Cependant, cette position est fermement contestée par le Mouvement de Résistance Ganda-izo, qui, dans un communiqué signé le 10 avril 2026 par son secrétaire général Abdourhamane Diallo, réfute toute alliance avec le MSA. Le document dénonce une annonce faite « abusivement » par Seydou Amadou Cissé, dont la légitimité à diriger le mouvement est catégoriquement rejetée.
Le Mouvement de Résistance Ganda-izo rappelle, dans ce sens, son histoire organisationnelle, affirmant que sa direction a été successivement assurée par feu Amadou Diallo, puis par Mohomodou Atteyabou Maïga, avant d’être aujourd’hui conduite par Ibrahim Abba Kantao, avec Ibrahim Issa Diallo comme chef d’état-major. Selon ce communiqué, Seydou Amadou Cissé n’a jamais figuré parmi les dirigeants officiels du mouvement, malgré son implication initiale lors de la création en 2008.
Le texte va plus loin en précisant que l’appellation « Ganda Izo National » ne correspond pas à la structure reconnue, laissant entendre qu’il pourrait s’agir d’un groupe distinct. Les auteurs du démenti appellent par ailleurs les autorités à la vigilance, dans une période où les efforts de démobilisation et de désarmement restent prioritaires.
En conséquence, le Mouvement de Résistance Ganda-izo affirme que l’annonce d’alliance avec le MSA « n’engage en rien » sa structure officielle et invite les responsables du MSA à se rapprocher des « véritables dirigeants » pour toute éventuelle collaboration.
Cette divergence révèle des tensions internes au sein de Ganda Izo et soulève des interrogations sur la représentativité des différentes factions qui s’en réclament. Elle intervient dans un environnement sécuritaire et politique complexe dans le nord du Mali, où les alliances entre mouvements restent un enjeu stratégique majeur.
À suivre !
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
