
L’enquête ouverte après les attaques terroristes du 25 avril au Mali connaît de nouveaux développements, marqués notamment par une arrestation spectaculaire, la circulation d’un enregistrement audio controversé et la poursuite active de plusieurs suspects, dont des profils militaires et civils.
Selon des sources concordantes, l’adjudant Moussa Diane, cité parmi les personnes recherchées par le parquet militaire, a été interpellé alors qu’il tentait de quitter le territoire national. L’arrestation a eu lieu au niveau de l’ancien poste de contrôle de Bougouni. D’après les premiers éléments, l’intéressé se serait dissimulé dans un camion transportant du charbon. Repéré lors d’un contrôle de routine, il aurait tenté de s’échapper avant d’être rattrapé par les forces de sécurité.
Le chauffeur du véhicule aurait indiqué aux enquêteurs ne pas connaître le suspect, affirmant que ce dernier leur aurait simplement demandé de l’aider à se déplacer. Les circonstances exactes de cette tentative de fuite restent à éclaircir, alors que les investigations se poursuivent.
Parallèlement, un autre élément vient alimenter le dossier : un message vocal d’environ deux minutes vingt, attribué au Dr Oumar Mariko, circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. Dans cet enregistrement, dont l’authenticité n’a pas été officiellement confirmée, il est question de stratégies présumées visant des positions militaires, notamment le camp de Gao, ainsi que d’un projet de déstabilisation du pouvoir en place. Le contenu évoque également des connexions supposées avec des groupes armés tels que le Front pour la libération de l’Azawad et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).
Déjà cité par le procureur de la République près le Tribunal militaire de Bamako, le Dr Oumar Mariko figure parmi les personnalités recherchées dans le cadre de cette affaire. D’autres suspects identifiés par les autorités judiciaires sont toujours en fuite.
Dans un communiqué publié le 1er mai 2026, le parquet militaire avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire à la suite des attaques coordonnées ayant visé plusieurs sites stratégiques, notamment à Bamako et Kati, y compris la résidence du ministre de la Défense et des Anciens Combattants.
Les premières conclusions de l’enquête font état de complicités internes impliquant des militaires en activité, des éléments radiés ainsi que des civils. Parmi les personnes citées figurent également le sergent Diakaridia Sodio, l’adjudant-chef Mamadou Keïta et le militaire retraité Soïba Diarra. L’enquête a par ailleurs confirmé l’implication d’un ancien militaire, Alassane Diallo, alias « Abedi », tué lors des affrontements à Kati.
Les autorités assurent que plusieurs arrestations ont déjà été effectuées et que les opérations se poursuivent pour retrouver les autres personnes impliquées. Le procureur a salué l’engagement des services d’enquête et réaffirmé la volonté de la justice de faire toute la lumière sur ces événements.
Ainsi les autorités judiciaires ont appelé par la même occasion à la prudence face aux informations circulant, notamment sur les réseaux sociaux, en attendant les conclusions officielles de l’enquête.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
