
Un enregistrement sonore d’environ deux minutes vingt, attribué au Dr Oumar Mariko, alimente depuis plusieurs jours les débats sur les réseaux sociaux, alors que l’enquête judiciaire ouverte après les attaques du 25 avril au Mali se poursuit.
Dans ce message, dont l’authenticité n’a pas été formellement établie, une voix évoque des stratégies présumées visant des positions militaires, notamment le camp de Gao, ainsi qu’un projet de déstabilisation des autorités. L’audio fait également référence à d’éventuelles interactions avec des groupes armés, dont le Front pour la libération de l’Azawad et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).
Déjà cité dans la procédure engagée par le procureur de la République près le Tribunal militaire de Bamako, le Dr Mariko figure parmi les personnes recherchées dans le cadre de cette affaire. Cette exposition judiciaire renforce l’attention portée à cet enregistrement, devenu un élément central des discussions, sans pour autant constituer, à ce stade, une preuve formelle.
Interrogé sur la nature de cet audio, un spécialiste des technologies sonores, ayant requis l’anonymat, estime que certains éléments plaident en faveur d’une prise de parole réelle. Il évoque notamment « des hésitations, des variations de ton et une alternance entre le français et le bambara », caractéristiques généralement absentes des contenus générés par intelligence artificielle. « Les voix synthétiques sont souvent plus linéaires, sans répétitions ni ruptures naturelles », explique-t-il, tout en soulignant que son analyse reste indicative. Il insiste sur la nécessité d’une expertise technique approfondie, à l’aide d’outils spécialisés, pour authentifier formellement l’enregistrement.
Face à la polémique, le Dr Oumar Mariko a réagi publiquement, notamment lors d’une intervention sur RFI, où il a rejeté toute implication dans les attaques du 25 avril. Il a toutefois reconnu avoir entretenu, par le passé, des relations avec certaines des personnes citées dans l’enquête, dont Soïba Diarra, militaire à la retraite.
Se présentant comme un acteur politique en interaction avec divers interlocuteurs, il affirme que ses contacts s’inscrivent dans une logique d’échanges et de compréhension des dynamiques nationales, y compris avec des acteurs aux profils variés. Une déclaration qui, loin d’éteindre les interrogations, contribue à complexifier davantage la lecture du dossier.
Entre soupçons, démentis et absence de preuves techniques formelles, l’authentification de cet audio pourrait constituer un avancé dans la compréhension de l’affaire.
À suivre !
La rédaction
