
L’Ordre des Avocats du Mali a exprimé une vive protestation après l’enlèvement de Mountaga C. Tall, survenu dans la nuit du 2 au 3 mai à son domicile de Faladié, à Bamako. Selon le Barreau, l’avocat a été emmené par des individus encagoulés, en dehors de tout cadre légal, un acte qualifié de « violation flagrante des droits fondamentaux ».
Depuis, aucune information officielle n’a permis d’identifier les auteurs, ni de localiser l’intéressé.
Dans une déclaration rendue publique le 5 mai, le Bâtonnier Souleymane Soumountera a dénoncé une atteinte grave à l’État de droit, rappelant que la séquestration et les atteintes à la liberté individuelle constituent des infractions pénales. Le Barreau estime que cet enlèvement porte un coup à l’indépendance de la justice, en menaçant la profession d’avocat, en violant le secret professionnel notamment à travers la confiscation du téléphone de la victime et en fragilisant les droits des citoyens.
Face à cette situation jugée alarmante, l’institution a exigé la libération immédiate et sans condition de Maître Tall, tout en appelant les autorités à faire toute la lumière sur les circonstances de sa disparition. Elle a également prévenu qu’elle se réservait le droit d’engager des poursuites judiciaires, y compris au niveau international, pour faire cesser ce qu’elle considère comme une grave violation des droits humains.
Cette affaire intervient dans un climat déjà tendu, marqué par les attaques du 25 avril et un durcissement du contexte sécuritaire. De son côté, Amnesty International a également exprimé son inquiétude, appelant les autorités maliennes à clarifier sans délai le sort de l’avocat ou à engager une procédure régulière si des charges existent.
Par Abdallah Keïta
