
Dans un témoignage inédit sur ORTM, Sidi Elmehdi Ag Backa est revenu sur les événements survenus à Kidal le 25 avril dernier, marqués par des affrontements armés et l’entrée de groupes armés dans la ville.
Selon lui, les premiers tirs ont éclaté très tôt dans la matinée. « Après deux heures, nous avons constaté la présence de groupes armés terroristes et séparatistes à l’intérieur de la ville », explique-t-il, soulignant une dégradation rapide de la situation sécuritaire.
Le responsable de l’ORTM affirme qu’après le retrait des autorités administratives vers le camp militaire, il s’est retrouvé bloqué en ville avec sa famille. Quelques heures plus tard, des hommes armés auraient fait irruption à son domicile avant de l’interpeller devant ses proches.
« Ils ont escaladé le mur pour entrer chez moi. J’entends encore les cris de mes enfants qui ne comprenaient pas ce qui se passait », confie-t-il.
Transporté dans d’anciens logements sociaux abandonnés, il dit avoir subi des pressions et des intimidations avant d’être finalement transféré chez le maire de la ville grâce à l’intervention de membres de sa communauté.
Toujours selon son récit, cette période lui aurait permis de retrouver son cadreur et de préparer leur départ clandestin de Kidal. Les deux hommes auraient ensuite rejoint l’Algérie, puis le Niger, avant de regagner Bamako.
Au cours de cet entretien, Sidi Elmehdi Ag Backa a également contesté certaines informations relayées sur la situation militaire dans le nord du Mali. Il affirme notamment que l’armée malienne contrôlerait « totalement » les secteurs d’Anefis et d’Aguelhoc, situés respectivement à 112 et 150 kilomètres de Kidal.
Le journaliste affirme aussi avoir entendu, durant sa détention, des discussions faisant état d’une vaste coalition impliquant des combattants terroristes, séparatistes et des mercenaires étrangers venus de plusieurs pays de la sous-région et du Sahel.
Selon lui, l’objectif des assaillants dépassait la seule ville de Kidal et visait « l’institution militaire malienne » ainsi qu’une déstabilisation générale du pays. Il évoque également un supposé projet visant à attiser les tensions communautaires entre plusieurs composantes de la société malienne.
Par Djibrilla Touré
