
Les débats autour de l’exploitation minière dans le cercle de Kéniéba prennent une nouvelle tournure. L’Association Wassa Ton, dirigée par Aliou Diallo, a saisi le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation pour attirer l’attention des autorités sur la gestion administrative et environnementale dans cette zone aurifère du pays.
Dans sa démarche, l’organisation dénonce plusieurs pratiques qu’elle juge incompatibles avec les attentes des populations locales, notamment dans le suivi des activités liées à l’orpaillage et au dragage sur le fleuve Falémé. Ces questions alimentent depuis plusieurs mois un climat de tensions entre riverains, exploitants miniers et autorités administratives.
Très active sur les enjeux environnementaux, l’Association Wassa Ton multiplie les actions de sensibilisation dans les localités minières du cercle. Assemblées communautaires, rencontres avec les habitants et campagnes d’alerte figurent parmi les initiatives engagées pour dénoncer les conséquences de certaines exploitations minières sur les terres agricoles et les ressources en eau.
Selon plusieurs habitants de la zone, les activités de dragage menées sur le fleuve Falémé suscitent de fortes inquiétudes. Des riverains évoquent notamment la dégradation progressive de l’environnement, la pollution des cours d’eau ainsi que les risques pour les activités agricoles et la pêche.
Par cette correspondance adressée aux autorités, l’association réclame davantage de transparence dans la gestion des ressources minières et un encadrement plus strict des activités extractives dans le cercle de Kéniéba. Elle appelle également à une implication plus soutenue de l’État afin de mieux protéger les communautés locales confrontées aux impacts de l’exploitation aurifère.
Cette affaire intervient alors que plusieurs zones minières du Mali font face à des tensions récurrentes liées à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l’environnement et à la cohabitation entre exploitants industriels, orpailleurs artisanaux et populations locales.
Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités administratives concernées n’avait encore été rendue publique.
Abdallah Keïta
