
L’Institut des Sciences Humaines (ISH) de Bamako a accueilli, le 20 août 2026, une conférence-débat consacrée à la protection des populations vulnérables en situation de crise. Organisée autour du thème « La protection des populations vulnérables en situation de crise : articuler enjeux sécuritaires, besoins humanitaires et réalités sociales au Mali. Cas du programme PROTECT », la rencontre a réuni des représentants des pouvoirs publics, des collectivités territoriales, des Nations unies, des ONG, de la société civile, des chercheurs et des acteurs de la protection.
À l’ouverture des travaux, le directeur général de l’ISH, Dr Baba Coulibaly, a souligné l’importance de la recherche dans la compréhension des difficultés auxquelles sont confrontées les populations vulnérables. Il a particulièrement mis en avant le rôle du Centre de compétences du programme PROTECT, hébergé par l’Institut, dans le suivi-évaluation, les recherches de terrain et la production de connaissances destinées à éclairer les décisions publiques.

Pour le responsable, la production scientifique ne doit cependant pas rester limitée au monde académique. Les résultats de la recherche doivent être confrontés aux réalités vécues sur le terrain et partagés avec les décideurs ainsi qu’avec les organisations qui interviennent directement auprès des populations.
Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kadiatou Samaké a, pour sa part, insisté sur la pertinence de la rencontre face aux multiples crises qui affectent les populations maliennes. Elle a rappelé que les conflits, les déplacements forcés, les violences basées sur le genre et les difficultés d’accès aux services essentiels accentuent la vulnérabilité des populations, notamment en matière de santé, d’éducation, de justice et d’état civil.
La conseillère technique a également rappelé l’implication de l’ISH dans le programme PROTECT, financé par les coopérations suisse et néerlandaise. À travers son Centre de compétences, l’Institut participe notamment au suivi-évaluation, à la réalisation d’études, à la gestion des connaissances et à la capitalisation des expériences issues du terrain.

Selon Kadiatou Samaké, l’un des principaux défis consiste désormais à mieux articuler les connaissances scientifiques avec les expériences des acteurs de terrain. Elle a ainsi appelé à renforcer la coordination entre les institutions publiques, les collectivités territoriales, les organisations humanitaires, la société civile et les communautés, tout en favorisant leur participation aux décisions qui les concernent.
Au nom de la Coopération suisse, Larsane Traoré a salué l’organisation de cette conférence, présentée comme un espace de réflexion sur les mécanismes de protection dans le contexte malien. Il a relevé la nécessité de croiser les approches sécuritaires, humanitaires et sociales afin de mieux comprendre les risques auxquels sont exposées les populations et d’adapter les réponses.
Les échanges, animés notamment par le Pr Nouhoum Salif Mounkoro, enseignant-chercheur, et Jacques Henri Ngom du Cluster Protection Mali, ont permis de confronter les analyses académiques aux expériences opérationnelles. Les participants ont notamment discuté de la coordination des interventions, du renforcement des capacités locales et de la prise en compte des réalités communautaires dans les politiques de protection.
Les organisateurs ambitionnent de faire déboucher ces réflexions sur des recommandations concrètes pour améliorer la cohérence et l’efficacité des interventions en faveur des populations vulnérables. Dans cette dynamique, l’ISH prévoit également l’organisation, avant la fin de 2026, d’un symposium national consacré à la protection, afin de poursuivre le dialogue entre chercheurs, institutions, collectivités, acteurs humanitaires et communautés.
À travers ces différentes initiatives, le programme PROTECT entend ainsi contribuer à rapprocher la recherche des réalités du terrain et à renforcer les mécanismes de protection au bénéfice des populations les plus exposées aux effets des crises.
Par Amadou Diallo
