
La crise de l’électricité prend une nouvelle dimension en Gambie. Alors que les coupures prolongées exaspèrent la population et alimentent la contestation dans les rues, le président Adama Barrow annonce des mesures d’urgence pour renforcer l’approvisionnement énergétique. Le chef de l’État assure vouloir apporter une réponse rapide à une situation devenue particulièrement critique à l’approche de l’élection présidentielle de décembre.
À Banjul et dans plusieurs localités voisines, des manifestants ont érigé des barricades et brûlé des pneus pour dénoncer les délestages, certains réclamant même le départ du président. Les forces de l’ordre sont intervenues à coups de gaz lacrymogène pour disperser les rassemblements, notamment aux abords de la résidence présidentielle et des installations de la Société nationale d’eau et d’électricité (NAWEC).
En déplacement dans une centrale de la NAWEC, Adama Barrow a qualifié la situation d’« urgence » et de « problème de sécurité nationale ». Il a annoancé la mise en service d’un groupe électrogène de 24 mégawatts d’ici fin octobre, tout en promettant la construction d’une nouvelle centrale solaire d’une capacité de 50 mégawatts. Le président a également reconnu les conséquences lourdes des coupures sur les ménages, confrontés à la chaleur, à la détérioration des denrées alimentaires et aux difficultés rencontrées par les élèves pour étudier.
La NAWEC explique ces perturbations par plusieurs facteurs, notamment la hausse de la demande liée aux fortes températures, les effets du changement climatique et les répercussions de la crise au Moyen-Orient.
Avec le scrutin présidentiel de décembre en ligne de mire et la candidature de Barrow à un troisième mandat, le rétablissement durable de l’électricité apparaît désormais comme un enjeu à la fois social, économique et politique majeur.
Par ABK
