
L’Algérie a annoncé jeudi 10 septembre 2026 la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, mettant ainsi fin à une relation bilatérale progressivement détériorée ces derniers mois. Selon les médias d’État algériens, Alger estime avoir épuisé « tous les moyens de préserver les relations bilatérales ». Les autorités algériennes n’ont toutefois pas détaillé, dans leur annonce, les griefs précis ayant conduit à cette décision. Les Émirats n’avaient pas encore réagi officiellement au moment où nous mettons ce papier sous presse.
Cette rupture intervient après plusieurs mois de tensions. En février 2026, l’Algérie avait déjà engagé la procédure de dénonciation de l’accord sur les services aériens signé avec les Émirats en 2013, une décision qui constituait un important signal de dégradation des relations.
Le principal sujet de tension semble être lié aux accusations d’ingérence formulées par Alger. Le président Abdelmadjid Tebboune avait déjà accusé, en 2025, un pays du Golfe sans le nommer directement de s’ingérer dans les affaires intérieures algériennes et de chercher à déstabiliser le pays. Reuters avait alors rapporté que cette déclaration était largement considérée comme visant les Émirats arabes unis.
Les divergences dépassent toutefois le cadre bilatéral. Alger et Abou Dhabi défendent des approches différentes de l’influence régionale, notamment en Afrique du Nord, au Sahel et en Libye. Plusieurs observateurs soulignent notamment le rôle important joué par les Émirats dans plusieurs dossiers régionaux, dont la Libye, où Abou Dhabi a soutenu le camp du maréchal Khalifa Haftar.
Le rapprochement des Émirats avec le Maroc constitue également un élément de contexte important. L’Algérie, qui entretient des relations tendues avec Rabat et soutient le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, observe avec méfiance les positions favorables d’Abou Dhabi au Maroc sur le dossier du Sahara occidental.
À ce stade, il serait toutefois imprudent de présenter le Sahel, la Libye ou le Sahara occidental comme la cause directe de la rupture : Alger n’a pas officiellement désigné un dossier unique. Les éléments disponibles montrent plutôt une accumulation de divergences accusations d’ingérence, rivalités d’influence et désaccords sur plusieurs dossiers régionaux qui ont progressivement conduit l’Algérie à prononcer la rupture diplomatique.
L’annonce d’Alger marque ainsi l’aboutissement d’une crise qui, selon les éléments rapportés par les médias, s’est installée depuis plusieurs mois et dont l’issue dépend désormais de la réponse officielle des Émirats arabes unis.
Par ABK
