
La justice franchit une étape importante á Gao. Le Tribunal de grande instance (TGI) a ouvert, lundi 5 octobre 2026, la première session de sa Chambre criminelle, près de trente ans après la dernière audience criminelle tenue dans la région. Une réforme qui entend rapprocher la justice des populations et réduire les délais de jugement.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée au gouvernorat de Gao, sous la présidence du gouverneur de la région, le général de division Moussa Moriba Traoré, en présence du directeur national de l’administration de la justice, Djibrilla Maïga, ainsi que des responsables judiciaires, administratifs et coutumiers de la région.
Pour cette session inaugurale, 18 dossiers sont inscrits au rôle. Ils concernent notamment neuf affaires criminelles, deux affaires d’assassinat, une affaire de meurtre, deux affaires de coups mortels, une affaire de viol et trois affaires de pédophilie.
Cette reprise intervient dans le contexte des réformes engagées dans le secteur judiciaire. Les Chambres criminelles ont notamment remplacé les cours d’assises, avec l’objectif de permettre aux juridictions de grande instance de traiter localement les affaires criminelles.
Pour le procureur de la République près le TGI de Gao, Mahamadou Coulibaly, cette session traduit l’évolution de l’appareil judiciaire et marque une avancée dans le rapprochement de la justice avec les justiciables.
Le directeur national de l’administration de la justice, Djibrilla Maïga, a pour sa part souligné la portée symbolique de cette première session à Gao depuis les réformes du Code pénal et du Code de procédure pénale. Il a rappelé qu’auparavant, les justiciables de Gao devaient se rendre à la Cour d’appel de Mopti pour certaines affaires criminelles, avec des procédures pouvant connaître plusieurs reports et s’étendre sur plusieurs années.
Avec le nouveau dispositif, le TGI de Gao pourra organiser des sessions de sa Chambre criminelle tous les six mois. Une évolution présentée comme un moyen de réduire les délais, les coûts liés aux procédures et les difficultés d’accès à la justice.
Par Djibrilla Touré
