
L’Ordre des Conseils fiscaux du Mali a un nouveau président. Youssouf Keïta a été élu à l’issue de la 16e Assemblée générale élective de l’organisation tenue le samedi 26 septembre 2026. Son mandat s’ouvre sur une ambition clairement affichée : renforcer la place de la profession dans le système fiscal malien, moderniser le fonctionnement de l’Ordre et défendre les prérogatives des conseils fiscaux.
L’Assemblée générale élective de l’Ordre des Conseils fiscaux du Mali a consacré l’élection de Youssouf Keïta à la présidence de l’organisation. La cérémonie, marquée par la présence du représentant du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Idrissa Haïdara, a été l’occasion de rappeler le rôle que les conseils fiscaux jouent dans le fonctionnement de l’économie et dans la mobilisation des ressources publiques.
Dans son discours d’ouverture, le représentant du ministre de l’Économie et des Finances a souligné la portée de cette échéance pour l’Ordre. Selon lui, les conseils fiscaux occupent une position importante dans la relation entre l’État et les acteurs économiques, en intervenant notamment dans l’interprétation des règles fiscales, la conformité des entreprises et l’accompagnement des contribuables.
Il a également insisté sur les défis auxquels la profession est confrontée, notamment la complexité croissante de la réglementation fiscale, la digitalisation des procédures, la nécessité de la formation continue ainsi que le renforcement de la transparence et de l’éthique professionnelle. Pour le département chargé des Finances, ces enjeux nécessitent une collaboration renforcée avec l’Ordre afin de contribuer à l’émergence d’un environnement fiscal plus clair et adapté aux besoins de l’économie.
L’élection de Youssouf Keïta intervient ainsi à un moment où la profession entend renforcer son organisation et son positionnement institutionnel. Dans son premier discours en qualité de président, le nouveau responsable a placé son mandat sous le signe de la responsabilité collective.
« Je serai le Président de tous les conseils fiscaux, sans distinction », a-t-il déclaré, en annonçant une présidence qu’il veut « à l’écoute, accessible, transparente et proche des confrères ». Pour Youssouf Keïta, l’unité de la profession constitue une condition importante pour porter efficacement ses préoccupations auprès des pouvoirs publics et des différents acteurs du secteur économique.
Le nouveau président entend faire de la défense de la profession l’un des axes majeurs de son mandat. Il a notamment annoncé sa volonté de veiller au respect des textes qui encadrent l’exercice du métier et de défendre les prérogatives reconnues aux conseils fiscaux, dans le respect de la législation.
Cette orientation devrait également passer par un renforcement du dialogue avec le ministère chargé des Finances, la Direction générale des Impôts et les autres administrations concernées par les questions fiscales. Youssouf Keïta souhaite que l’Ordre soit davantage associé aux réflexions portant sur les réformes fiscales et puisse mettre son expertise au service de la recherche de solutions aux difficultés d’interprétation ou d’application de la législation.
Un Ordre appelé à accélérer sa transformation numérique

La modernisation du fonctionnement interne figure également parmi les priorités annoncées par le nouveau président. Youssouf Keïta veut notamment améliorer la gestion administrative de l’Ordre, le suivi des dossiers des membres et la circulation de l’information professionnelle.
Il envisage, dans ce cadre, la mise en place d’un système moderne de gestion permettant notamment un meilleur suivi des cotisations, une communication professionnelle avec les membres, une conservation plus efficace des documents ainsi que la diffusion régulière des informations fiscales et professionnelles. À terme, des services numériques accessibles aux conseils fiscaux sont également envisagés.
Pour le nouveau président, cette transformation répond à une évolution profonde de la fiscalité. La digitalisation de l’économie, la fiscalité internationale, les activités minières, les investissements étrangers et l’apparition de nouvelles règles fiscales imposent, selon lui, une adaptation permanente des professionnels.
La formation continue constitue dès lors un autre chantier annoncé. Le nouveau bureau entend favoriser l’organisation de séminaires techniques, d’ateliers pratiques, de formations spécialisées et de conférences consacrées aux nouvelles dispositions fiscales. Des échanges d’expériences entre professionnels sont également envisagés afin de renforcer les compétences au sein de la profession.
Déontologie et relève générationnelle

Youssouf Keïta entend par ailleurs inscrire son mandat dans une exigence accrue en matière de déontologie. Il a évoqué la nécessité de lutter contre l’exercice illégal de la profession et de veiller au respect des conditions d’accès et d’exercice prévues par les textes.
Le président nouvellement élu appelle également les conseils fiscaux à une responsabilité individuelle, estimant que le comportement de chaque professionnel participe à l’image de l’ensemble de la profession. Intégrité, compétence, confidentialité, indépendance et responsabilité professionnelle sont ainsi présentées comme des principes devant guider l’exercice du métier.
La question de la relève n’est pas absente de cette feuille de route. Youssouf Keïta souhaite accorder une place importante aux jeunes conseils fiscaux et aux professionnels qui aspirent à intégrer le secteur. Il préconise notamment un meilleur partage de l’expérience des anciens, des formations adaptées et un cadre professionnel permettant aux jeunes de construire durablement leur parcours.
Au terme de son intervention, le nouveau président a appelé les membres à considérer son mandat comme celui de toute la profession. « Notre mandat ne doit pas être celui d’une personne. Il doit être le mandat de toute une profession », a-t-il affirmé.

Avec son élection, Youssouf Keïta ouvre ainsi un nouveau chapitre pour l’Ordre des Conseils fiscaux du Mali. Les priorités annoncées touchent à la fois à la représentation de la profession, à son organisation interne, à la formation, à la déontologie et à son rôle dans les débats sur la fiscalité nationale. Une feuille de route dont la mise en œuvre constituera désormais le principal enjeu de ce nouveau mandat.
Abdrahamane Baba Kouyaté
