
Lors de la 10047ᵉ réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, le Président de la Commission de la CEDEAO, S.E. Dr Omar Alieu Touray, a dressé un tableau sans concession de l’escalade terroriste en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Il a averti que les groupes extrémistes ont franchi un nouveau palier en menant une véritable « guerre économique » destinée à asphyxier les États sahéliens et côtiers, en ciblant notamment les routes commerciales et l’approvisionnement en carburant. Une stratégie qui, selon lui, menace directement la stabilité institutionnelle et la survie économique des pays de la région.
Face à cette menace multidimensionnelle, Dr Touray a détaillé les réponses déjà engagées par la CEDEAO. Il a souligné l’accélération de l’opérationnalisation de la Force en Attente, présentée comme un levier essentiel pour renforcer l’action collective contre le terrorisme. Sur le volet non militaire, il a mis en avant les efforts de restauration de la confiance politique et de relance du dialogue avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, tout en insistant sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de l’extrémisme : vulnérabilités sociales, pauvreté persistante, marginalisation et fractures politiques.
Le Conseil de sécurité a également entendu le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui a tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation accélérée de la situation sécuritaire et humanitaire au Sahel. Il a exhorté à une réponse internationale cohérente et mieux articulée, estimant que l’effritement de la gouvernance locale et l’expansion des groupes armés rendent indispensable une coopération renforcée entre partenaires régionaux et multilatéraux.
Présidant la session, le chef de l’État sierra-léonais Julius Maada Bio a rappelé que le terrorisme n’est plus une crise localisée mais un défi mondial partagé, exigeant une solidarité renouvelée. En conclusion, Dr Omar Alieu Touray a réaffirmé que la CEDEAO reste déterminée à travailler « main dans la main » avec l’ONU, l’Union africaine et l’ensemble des partenaires stratégiques pour préserver la paix, la stabilité et la résilience dans une région au bord de la rupture.
Par ABK
