
L’Office des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) a réuni, durant deux jours d’atelier, les principaux acteurs humanitaires intervenant au Mali afin de préparer le Plan de Réponse Humanitaire 2026. Des représentants des groupes sectoriels nationaux et régionaux, des spécialistes du Mécanisme de Réponse Rapide (RRM), des experts en suivi-évaluation, des analystes de données ainsi que des bénéficiaires de l’aide humanitaire ont participé à cet exercice de planification stratégique.
Selon OCHA, cette rencontre avait pour objectif de consolider l’analyse des besoins, d’identifier et de prioriser les zones les plus affectées, et de définir les besoins financiers prévisionnels pour l’année à venir.
Cet effort de planification intervient dans un contexte global marqué par une transformation profonde du secteur humanitaire. Les crises se multiplient, les besoins sont de plus en plus complexes et les financements sont rares, souligne OCHA dans son bulletin humanitaire d’octobre-novembre 2025. À l’ouverture des travaux, Pierre Ngom, Coordonnateur humanitaire par intérim et Représentant de l’UNICEF au Mali, a rappelé que « le monde humanitaire change » et que les acteurs doivent s’adapter à cette nouvelle réalité.
Le nouveau Cycle de Programmation Humanitaire, présenté par OCHA, s’articule autour de trois priorités essentielles. La première concerne la participation active des communautés affectées, dont les préoccupations doivent désormais orienter l’analyse et la réponse. La deuxième vise une meilleure inclusion des organisations nationales et locales, indispensable pour renforcer la cohésion et la redevabilité. La troisième priorité porte sur une planification allégée, recentrée sur l’essentiel : sauver des vies, répondre où les besoins sont les plus sévères et garantir dignité et transparence dans les interventions.
Les chiffres publiés par OCHA pour le premier semestre 2025 rappellent l’ampleur des défis. Environ un million de personnes ont reçu une assistance humanitaire depuis le lancement du Plan de Réponse Humanitaire en janvier, soit seulement 20,8 % de la cible de 4,7 millions de personnes. OCHA souligne que ces résultats, obtenus malgré les contraintes d’accès et la baisse des financements, mettent en évidence la nécessité de renforcer le ciblage et la priorisation pour 2026.
Pour l’année à venir, OCHA insiste sur un impératif : mieux cibler et mieux mesurer l’impact afin que les ressources limitées disponibles produisent un changement réel pour les familles les plus vulnérables. À travers cette nouvelle approche, l’organisation espère renforcer l’efficacité des interventions humanitaires et améliorer la pertinence des réponses dans un environnement en évolution constante.
Par Djibrilla Touré
