
Le Centre de formation professionnelle de Sénou (CFP-Sénou) veut s’imposer comme un véritable incubateur de compétences adaptées aux besoins de l’économie malienne. C’est le message fort porté par la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, qui a présidé, jeudi 2 octobre 2025, l’ouverture de la 2ᵉ session ordinaire du Conseil d’administration du Centre.
Placée sous le signe de la responsabilité et de l’innovation, cette rencontre marque une étape stratégique dans le rôle croissant du CFP-Sénou, déjà considéré comme une référence en matière de qualification des jeunes et des travailleurs. « Former des professionnels compétents, capables de contribuer activement à la croissance et à la transformation de notre économie », telle est l’ambition affichée par la présidente du Conseil d’administration.
Depuis 2021, le Centre a formé près de 1 600 jeunes et travailleurs, renforçant ainsi son statut d’acteur clé dans le dispositif national de formation. Un résultat obtenu malgré des contraintes budgétaires persistantes, dont la ministre n’a pas manqué de rappeler l’impact. Avec seulement 46,18 % du budget annuel mobilisé à mi-parcours, le CFP-Sénou a pourtant réalisé 78,57 % des activités prévues au premier semestre 2025.
Pour la ministre, le Centre s’inscrit dans la dynamique de la Vision 2063, impulsée par le président de la Transition, Assimi Goïta. Le plan 2025 du CFP-Sénou repose sur six piliers : gouvernance renforcée, formations initiales et continues, promotion de l’entrepreneuriat, production de supports pédagogiques, expertises techniques et consolidation des ressources propres. « Nous devons bâtir des partenariats solides avec les institutions, les entreprises et les partenaires techniques et financiers », a insisté Mme Oumou Sall Seck, appelant à une plus grande autonomie financière du Centre.
Si le taux de réalisation des activités témoigne de la résilience du Centre, les défis restent nombreux. La session a ainsi porté sur des questions sensibles comme la tarification des formations, les indemnités de présence ou encore les conditions des formateurs vacataires. Des choix structurants pour assurer la pérennité et la qualité de l’offre.
Au-delà des chiffres, la ministre a voulu replacer la formation professionnelle dans une perspective nationale : celle d’un Mali innovant et inclusif, capable de transformer ses ressources humaines en véritable levier de développement. « Le CFP-Sénou doit devenir une référence nationale et régionale », a-t-elle martelé, en invitant les administrateurs à un examen rigoureux et constructif des documents de travail.
L’avenir de la jeunesse malienne, conclut-elle, passe par des compétences adaptées et une culture d’entreprise affirmée. Le CFP-Sénou en est déjà l’un des laboratoires les plus prometteurs.
Abdrahamane Baba Kouyaté
