
Plus d’un mois après la disparition de Me Mountaga Tall, ses conseils franchissent une nouvelle étape dans leur combat pour obtenir des réponses. Estimant que les démarches entreprises au niveau national n’ont produit aucun résultat tangible, ils annoncent désormais leur intention de porter l’affaire devant les mécanismes internationaux de protection des droits de l’Homme, notamment ceux des Nations Unies et des institutions africaines.
Dans une déclaration rendue publique le 10 juin à Bamako, le collectif des avocats de l’ancien ministre et avocat malien exprime sa profonde préoccupation face à l’absence d’informations sur le sort de leur client « depuis son enlèvement à son domicile dans la nuit du 2 au 3 mai par des hommes armés non identifiés ».
Pour les conseils de Me Tall, le constat est sans équivoque : malgré la saisine des autorités compétentes, la famille n’a reçu, à ce jour, aucune communication officielle sur l’évolution des investigations ni sur les résultats des recherches engagées.
Le collectif souligne également qu’aucune autorité judiciaire n’a annoncé l’ouverture de poursuites pénales contre l’avocat. Mieux, rappellent-ils, aucune des procédures particulières prévues pour engager des poursuites contre un avocat n’aurait été respectée. Les conseils évoquent notamment l’absence d’autorisation écrite des autorités judiciaires compétentes ainsi que l’absence de consultation préalable du bâtonnier de l’Ordre des avocats.
Au-delà du cas individuel de Me Mountaga Tall, les avocats placent désormais le débat sur le terrain du respect de l’État de droit. Ils rappellent que l’enlèvement et la séquestration constituent des infractions pénales graves et insistent sur l’obligation de l’État d’assurer la protection des personnes vivant sur son territoire
Pour appuyer leur argumentation, ils citent une récente décision de justice rendue au Burkina Faso. Selon eux, la Cour d’appel de Fada N’Gourma a annulé, le 22 mai dernier, des poursuites engagées contre un avocat au motif que les garanties procédurales prévues par les textes communautaires de l’UEMOA n’avaient pas été respectées.
Face à ce qu’ils considèrent comme une absence de résultats après plus d’un mois d’attente, les conseils de Me Tall estiment être arrivés à un tournant décisif du dossier. Leur décision de recourir aux mécanismes internationaux traduit leur volonté de donner une dimension supranationale à une affaire qui suscite déjà de nombreuses interrogations dans l’opinion publique.
Tout en appelant à la poursuite des recherches et à l’identification des auteurs de l’enlèvement, les avocats assurent vouloir agir dans le strict respect du cadre légal et du secret professionnel. Ils saluent par ailleurs la retenue observée ces dernières semaines dans les commentaires sur les réseaux sociaux.
Un mois après la disparition de Me Mountaga Tall, l’affaire semble ainsi entrer dans une nouvelle phase.
Par ABK
