
Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères tutelle de RFI et de France 24, ainsi que le ministère de la Culture figurent parmi les parrains officiels d’un nouveau média destiné au public africain. Cette initiative traduit les profondes mutations sociales à l’œuvre.
Confirmée par RFI dans une publication, la chaîne ZOA devient la dernière-née de France Médias Monde. Officiellement lancée le 1er octobre 2025, elle sera diffusée exclusivement en format numérique.
Face à une influence décroissante sur le continent, la France mise sur cet outil comme nouvelle arme pour séduire la jeunesse africaine, notamment celle de l’Alliance des États du Sahel (AES), aujourd’hui largement détachée de l’Hexagone. Le choix de Kaourou Magassa, journaliste malien, à la rédaction en chef, illustre cette stratégie d’ancrage.
Derrière cette création se cache en effet une volonté de reconquête : influer sur les mentalités des jeunes Africains et rétablir une forme de proximité perdue. Or, l’Occident n’a toujours pas tiré les leçons de ses échecs passés en Afrique. La multiplication de médias ne saurait constituer une solution durable si une remise en question sincère n’accompagne pas ces initiatives. Les récents événements mondiaux montrent d’ailleurs que les intérêts l’emportent bien souvent sur les principes.
Basée à Dakar, au sein du Hub de France Médias Monde, ZOA bénéficiera d’un appui technique et financier de France 24, tout en affichant une ambition d’indépendance. Reste à voir, dans son contenu, si la chaîne parviendra à convaincre et à se distinguer, ou si elle ne sera qu’un nouvel instrument d’influence.
Depuis plusieurs années, les relations entre la France et certains pays africains se sont dégradées, entraînant un net recul de son influence, notamment au sein des pays de l’AES. Cette chaîne apparaît donc comme une nouvelle tentative pour restaurer une place que l’Occident n’a cessé de perdre.
Par Djibrilla Touré
