
La production industrielle d’or au Mali a chuté de 32 % en un an, pour atteindre 26,2 tonnes fin août 2025, selon un document du ministère des Mines cité par Reuters. Cette baisse spectaculaire s’explique avant tout par l’arrêt prolongé du complexe Loulo-Gounkoto, exploité par la société Barrick Mining, longtemps considéré comme le pilier du secteur aurifère malien.
Une source interne à l’entreprise a confié à la rédaction d’Africa Scoop, « depuis le mois de janvier, il n’y a pas eu de production ». La même source précise : « Il s’agit de l’extraction du minerai. Ce n’est que récemment que l’usine a redémarré, mais cela n’a rien à voir avec une reprise effective de la production ».
Cet arrêt, survenu à la suite d’un conflit entre Barrick et l’État malien autour de taxes impayées et de l’application du nouveau code minier, a paralysé une grande partie de la production nationale. La mine n’a repris ses activités qu’en juillet et ne fonctionne encore qu’à 25 % de sa capacité, faute de pièces de rechange et de redémarrage complet des installations.
Les conséquences sont lourdes : les objectifs fixés par le gouvernement, soit 54,7 tonnes d’or pour 2025, apparaissent désormais hors de portée. En 2023, à la même période, la production atteignait 38,5 tonnes. « Tout cela est dû aux problèmes de Barrick », a confirmé un responsable du ministère des Mines, sous couvert d’anonymat.
Cette nouvelle contreperformance, après une baisse déjà marquée de 23 % en 2024, fragilise davantage un secteur stratégique qui représente près de 70 % des recettes d’exportation du Mali. Elle illustre aussi la recomposition du paysage minier malien, de plus en plus tourné vers de nouveaux partenaires non occidentaux, dans un contexte où Bamako mise sur un contrôle accru de ses ressources naturelles.
La rédaction
