
Le Mali traverse une crise humanitaire marquée par les conflits armés, l’insécurité et les effets des chocs climatiques. Cette combinaison de facteurs a entraîné une insécurité alimentaire étendue, une malnutrition aiguë et chronique chez les enfants ainsi qu’une dégradation des moyens d’existence dans plusieurs zones rurales.
Pour répondre à ces enjeux, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a élaboré un Plan d’urgence et de résilience couvrant la période 2026-2028. Ce plan vise à fournir une réponse multidimensionnelle mêlant assistance immédiate, anticipation des crises et consolidation des systèmes alimentaires.
La première composante porte sur l’amélioration des données, du suivi et de la coordination, notamment à travers le renforcement des systèmes d’alerte précoce. L’objectif est de faciliter des actions anticipatoires telles que la distribution de semences résilientes, de kits vétérinaires ou d’aliments pour le bétail, afin de réduire les pertes agricoles et pastorales.
La seconde composante concerne l’agriculture d’urgence. Elle prévoit un soutien immédiat à la production alimentaire locale, en particulier pour les cultures à cycle court, ainsi que des transferts monétaires inconditionnels destinés à couvrir les besoins essentiels des ménages durant les périodes critiques, notamment avant la première récolte ou pendant la soudure pastorale.
Le plan met également l’accent sur la résilience des moyens d’existence à travers des actions telles que l’agriculture intelligente face au climat, l’aménagement durable des bas-fonds, la réhabilitation des infrastructures d’irrigation, et le développement d’activités maraîchères ou piscicoles. Des approches sensibles aux conflits sont intégrées, notamment via le soutien aux comités fonciers locaux et à la cartographie des zones d’intervention.
Une autre composante concerne le relèvement des systèmes agroalimentaires. Elle inclut la réhabilitation et la modernisation des unités de transformation, comme les moulins ou les presses à huile, afin d’améliorer la valeur ajoutée des produits agricoles et de soutenir l’emploi, notamment parmi les femmes et les jeunes.
Le Plan d’urgence et de résilience s’aligne sur les politiques nationales, dont le projet structurant FARAFINNA JIGINƐ – « Nourrir le Mali et la sous-région ». Il repose sur plusieurs principes : la promotion de la cohésion sociale, l’inclusion des populations déplacées dépendantes de l’agriculture et de l’élevage, le renforcement des organisations locales dans l’évaluation et la mise en œuvre des interventions, ainsi que l’ancrage institutionnel des actions prévues.
Pour sa mise en œuvre, la FAO estime les besoins à environ 66,5 millions USD pour la période 2026-2028, avec un objectif de 127 000 ménages ciblés, soit environ 824 000 personnes. Le financement sera réparti selon les différentes composantes du plan, couvrant l’anticipation, l’aide d’urgence, la résilience et la relance des systèmes agroalimentaires.
Ce document constitue une feuille de route opérationnelle visant à structurer les interventions de la FAO au Mali au cours des trois prochaines années, afin de répondre aux besoins humanitaires immédiats tout en renforçant les capacités de résilience des communautés.
Par ABK
