
Bamako traverse, en ce mois de décembre 2025, l’une des périodes les plus éprouvantes de son quotidien urbain. La pénurie de carburant, qui perdure depuis plusieurs jours, bouleverse la mobilité des populations et ralentit fortement les activités économiques.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, les stations-service sont soit à sec, soit fermées, contraignant les automobilistes, motocyclistes et transporteurs à parcourir de longues distances dans l’espoir de trouver quelques litres d’essence ou de gasoil.
Dès les premières heures de la matinée de ce 16 décembre2025, des files interminables de véhicules s’étirent le long des grandes artères. Les usagers patientent parfois pendant des heures, exposés au soleil et à la fatigue, dans un climat de tension palpable. Taxis, véhicules particuliers, motos et camions (bennes) se côtoient dans un désordre souvent difficile à contenir. Dans ce contexte de rareté, chaque station encore fonctionnelle devient un point de convergence stratégique.
À Tiebani, la station-service NDC figure parmi les rares à chaque station encore fonctionnelle devient un point de convergence stratégique.
À Tiebani, la station-service NDC figure parmi les rares à continuer la distribution de carburant, attirant une affluence inhabituelle. Mais au-delà de la pénurie elle-même, ce sont des pratiques jugées abusives qui soulèvent la colère de nombreux usagers. Selon plusieurs témoignages concordants recueillis sur place, des agents de sécurité postés à l’entrée de la station exigeraient le paiement de 5 000 FCFA pour permettre à certains conducteurs de contourner la file d’attente et d’accéder plus rapidement aux pompes.
Cette situation est perçue comme une injustice par les automobilistes qui respectent l’ordre d’arrivée et patientent parfois depuis des heures. « Nous sommes là depuis le matin, et d’autres arrivent, paient de l’argent et passent devant tout le monde. C’est inacceptable », s’indigne un conducteur, visiblement excédé. Pour beaucoup, ces pratiques aggravent le sentiment de frustration et d’impuissance face à une crise déjà difficile à supporter.
La pénurie de carburant a, en effet, des répercussions majeures sur la vie quotidienne des Bamakois.
Face à ces dénonciations, plusieurs usagers ont appelé les autorités compétentes à ouvrir une enquête afin de faire la lumière sur ces pratiques et de rétablir l’ordre et l’équité dans l’accès au carburant. Ils ont demandé également un renforcement du contrôle au niveau des stations-service et une communication claire sur l’état réel des stocks et les perspectives de sortie de crise.
La rédaction
