
À la suite d’une visite de courtoisie effectuée dans le cadre de la 4ᵉ édition de la tournée régionale de Tombouctou initiée par l’Union des Journalistes Reporters du Mali (UJRM), le Président de la Délégation spéciale de la commune urbaine de Tombouctou, M. Yehia Tandidna, a présenté un bilan de mi-parcours des actions engagées depuis l’installation de son équipe à la tête de la mairie, il y a à peine cinq mois. L’occasion de mettre en lumière les réalisations déjà enregistrées, avec l’appui marqué des plus hautes autorités du pays.
Arrivée dans un contexte marqué par de lourdes difficultés, la délégation spéciale avait pour mission première de relever des défis urgents, dont l’organisation de la Biennale artistique et culturelle confiée à Tombouctou. À son installation, l’équipe municipale a hérité d’une collectivité profondément fragilisée, tant sur le plan financier que sanitaire, avec une ville confrontée à une insalubrité avancée et à une circulation anarchique.
Face à cette situation, la délégation spéciale a fait le choix de suspendre temporairement plusieurs activités communales pour concentrer ses efforts sur la mobilisation des ressources et l’assainissement de la ville. Plus de 280 tonnes de déchets issues de dépôts anarchiques représentaient une menace directe pour la santé des populations. À ce jour, près de 40 % de ces déchets ont été évacués, grâce notamment aux moyens logistiques mis à disposition par l’État, parmi lesquels un camion neuf, des dizaines de tricycles et une dotation importante en poubelles réparties dans toute la ville.
La régulation de la circulation a également figuré parmi les priorités. Des kiosques installés de manière anarchique autour des mosquées, des cimetières et le long des axes stratégiques ont été dégagés afin de protéger le patrimoine et de fluidifier la mobilité urbaine. Pour faire face à l’augmentation du nombre de motos et de véhicules, consécutive au retour progressif de la sécurité, des parkings ont été aménagés pour la première fois, notamment dans les grands marchés et au marché Dubai, afin de réduire la congestion.
S’agissant de la Biennale, la mairie s’est retrouvée au centre de l’organisation, en dépit de la présence des commissions régionale et nationale. Les sites d’hébergement des délégations, appartenant à la commune, ont été réhabilités et équipés. Des écoles jusque-là non électrifiées ont été raccordées, tandis que l’éclairage public a été renforcé sur les grandes artères à travers l’installation de lampadaires solaires, traduisant l’engagement de la délégation spéciale à améliorer durablement le cadre de vie.
Sur le plan administratif, les services communaux, notamment ceux de l’état civil, ont été dotés de nouveaux équipements. Les bureaux, auparavant dégradés, ont été rééquipés en matériel informatique, permettant une meilleure autonomie des agents et une amélioration du service rendu aux usagers. Un inventaire des biens de la mairie a été réalisé afin de corriger les incohérences héritées de la gestion antérieure, dans un contexte où les recettes des équipements marchands de la commune peinaient à atteindre 12 millions de francs CFA.
Parallèlement, la délégation spéciale a engagé une dynamique de participation citoyenne, avec l’instauration d’actions communautaires mensuelles de salubrité. Désormais, chaque mois, un dimanche est consacré au nettoyage général de la ville, une initiative progressivement intégrée dans les habitudes des populations de Tombouctou. Des projets d’espaces verts sont également en cours, avec l’accompagnement du Conseil régional de la jeunesse.
Des mesures spécifiques ont par ailleurs été prises pour prévenir les tensions communautaires liées à la gestion des eaux usées, notamment dans la zone comprise entre Sarekeïna et Sankoré, où des puisards ont été installés au bout de plusieurs rues afin de contenir les eaux stagnantes et éviter les conflits de voisinage.
Reconnaissant l’existence de résistances et d’oppositions, le Président de la Délégation spéciale assume des décisions parfois impopulaires, affirmant agir dans l’intérêt général. Pour lui, l’enjeu des prochains mois reste la consolidation des acquis, la recherche de partenaires pour élargir les actions de développement et le maintien de la dynamique communautaire, convaincu que les populations, déjà fortement mobilisées lors de la Biennale, peuvent durablement accompagner le développement de leur ville.
Saluant enfin l’initiative de l’UJRM, M. Yehia Tandidna a encouragé les journalistes à poursuivre un travail responsable et engagé, rappelant le rôle stratégique des médias nationaux dans la diffusion d’une information crédible et dans la défense de l’image du Mali.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté depuis Tombouctou
