
Alors que la prochaine période de soudure s’annonce critique, l’Afrique de l’Ouest et le Sahel se trouvent à un tournant décisif. Selon un rapport publié par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ce mardi 27 janvier, près de 52,8 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë entre juin et août 2026.
Les dernières analyses du Cadre Harmonisé (2025) dressent un tableau inquiétant : entre octobre et décembre 2025, plus de 41,8 millions de personnes étaient déjà en situation de Crise ou pire, dont 1,4 million en insécurité alimentaire aiguë, particulièrement au Mali, au Nigéria, au Cameroun, au Tchad, au Ghana, en Guinée, au Niger et au Sénégal. Bien qu’aucune zone ne soit encore classée en phase Catastrophe, les projections pour la période de soudure sont alarmantes.
La FAO pointe plusieurs facteurs aggravants. Les conflits persistants, les chocs climatiques répétés, la hausse des prix des denrées alimentaires et la réduction des financements humanitaires fragilisent les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables. Dans de nombreux villages, les récoltes locales peinent à suffire, et les stocks communautaires s’épuisent plus rapidement que prévu.
Face à cette situation, l’organisation onusienne lance un appel à l’action collective. Elle exhorte les gouvernements et partenaires à renforcer la production vivrière, protéger les moyens de subsistance et investir dans la résilience des communautés locales. L’objectif est clair : éviter que la crise alimentaire ne se transforme en catastrophe humanitaire.
Dans plusieurs régions, des initiatives locales commencent à émerger. Des coopératives agricoles mettent en place des systèmes de stockage et de commercialisation collectifs, tandis que certaines ONG proposent des formations pour améliorer les techniques agricoles et la conservation des aliments. Ces efforts, bien que modestes, montrent que la résilience des communautés pourrait jouer un rôle crucial dans la prévention de la famine.
Alors que la région entre dans une période critique, la question reste entière : l’Afrique de l’Ouest et le Sahel sauront-ils mobiliser les moyens nécessaires pour protéger leurs populations les plus vulnérables ? Le temps presse, et la fenêtre d’action est désormais étroite.
Par ABK
