
En déplacement à Nouakchott pour prendre part à la 6e Conférence africaine pour la paix, l’imam Mahmoud Dicko a profité de son séjour mauritanien pour s’exprimer sur la situation au Mali. C’est au cours d’un entretien accordé à des médias, en marge de la rencontre, qu’il a relancé le débat sur la nécessité d’ouvrir un dialogue avec les groupes armés.
Interrogé sur l’évolution de la crise sécuritaire, le leader religieux a évoqué une situation « très inquiétante », notamment aux abords de Bamako. Selon lui, la persistance des attaques et l’instabilité grandissante imposent une réflexion approfondie sur les voies de sortie de crise. « Il faut privilégier le dialogue », a-t-il martelé, estimant qu’aucune solution durable ne peut être envisagée sans discussions inclusives.
En exil depuis la fin de l’année 2023, Mahmoud Dicko affirme suivre de près les développements politiques et sécuritaires dans son pays. À la tête de la Coalition des forces pour la République (CFR), il dit avoir été approché par des acteurs maliens engagés dans la recherche d’alternatives pour sortir le pays de l’impasse. Sans entrer dans les détails, il se déclare prêt à soutenir toute initiative visant à instaurer un climat de paix et de cohésion nationale.
Au cours de cet entretien, l’imam est également revenu sur sa situation personnelle. Il décrit l’exil comme une épreuve douloureuse, marquée par l’éloignement des siens. S’il nourrit l’espoir d’un retour au Mali, il n’avance toutefois aucune date, laissant entendre que les conditions devront être réunies pour que ce retour se concrétise.
La question du dialogue avec les groupes armés reste l’un des sujets les plus sensibles du débat national. Tandis que certains y voient une démarche pragmatique face à l’enlisement du conflit, d’autres redoutent ses implications politiques et sécuritaires. En réitérant sa position depuis Nouakchott, Mahmoud Dicko s’inscrit dans cette ligne qu’il défend depuis plusieurs années : celle d’une issue politique négociée à une crise aux multiples dimensions.
ABK
