
Dans cette commune enclavée du cercle de Ténenkou, région de Mopti, le quotidien reste marqué par la pénurie. Si de récentes frappes des Forces Armées Maliennes (FAMa) ont visé des positions terroristes dans les environs, les habitants de Diafarabé continuent de faire face à de graves difficultés d’approvisionnement en denrées de première nécessité.
Au cours de la semaine écoulée, des frappes ont visé des secteurs situés notamment vers Nouh-Peul et à proximité de Dia-Dankan, localité située à une dizaine de kilomètres de Diafarabé. D’après plusieurs sources locales, ces opérations auraient causé d’importantes pertes dans les rangs des groupes armés. Pour de nombreux habitants, ces actions constituent un signal fort de la présence de l’État.
Cependant, sur le terrain, l’amélioration sécuritaire ne s’est pas encore traduite par un retour à la normale. Les routes reliant la commune aux grands centres d’approvisionnement restent difficiles d’accès, limitant fortement le transport terrestre de marchandises. Le ravitaillement dépend essentiellement du fleuve, devenu l’unique couloir logistique pour l’acheminement des céréales et autres produits essentiels.
Or, la baisse saisonnière du niveau de l’eau complique la navigation. Plusieurs embarcations chargées de vivres seraient immobilisées en amont, incapables d’atteindre leur destination. À mesure que les jours passent, les réserves alimentaires dans la commune s’amenuisent. Des familles évoquent des repas réduits à l’essentiel, voire des journées sans ration complète.
Dans ce contexte tendu, des initiatives locales auraient été engagées pour tenter de faciliter la circulation fluviale. Selon des témoignages recueillis sur place, une contribution financière aurait été demandée aux habitants pour permettre une intervention susceptible d’améliorer le niveau d’eau. Une somme globale de 200 000 francs CFA aurait été évoquée. Mais des voix s’élèvent pour dénoncer une gestion opaque des fonds collectés, alimentant un climat de suspicion.
D’autres habitants rapportent également le paiement de frais supplémentaires pour le passage de certaines embarcations. Ces charges, jugées excessives par les riverains, pèsent lourdement sur des ménages déjà fragilisés par l’isolement et la flambée des prix.
Face à cette situation, les appels à une réponse coordonnée des autorités se multiplient. Les populations demandent à la fois la sécurisation durable des axes d’accès et la mise en place d’un mécanisme transparent pour le ravitaillement.
À Diafarabé, la question n’est plus seulement militaire. Elle est désormais humanitaire. Si les frappes ont visé à réduire la menace armée, la bataille pour l’accès à la nourriture et aux produits de base reste entière. Pour les habitants, l’urgence est claire : transformer l’accalmie sécuritaire en amélioration concrète des conditions de vie.
Par Abdallah Keïta
