
À Sogoniko, en Commune VI du District de Bamako, le drame continue de livrer ses enseignements au fil des heures. L’effondrement d’un immeuble en construction, survenu en pleine activité sur le chantier, a non seulement causé des pertes humaines, mais aussi mis en lumière les fragilités persistantes dans le suivi et le contrôle des travaux urbains.
Le bilan, encore provisoire, s’est progressivement alourdi. Après une première évaluation faisant état de deux morts, les recherches menées dans la nuit ont permis de découvrir d’autres corps sous les décombres. Au total, six personnes ont perdu la vie, dont l’entrepreneur en charge du bâtiment. Une vingtaine de blessés ont également été secourus et évacués vers des structures sanitaires.
Dès les premières minutes suivant l’effondrement, les équipes de la Protection civile se sont déployées sur le site. Appuyées par d’autres services, elles ont engagé une opération de sauvetage dans des conditions particulièrement difficiles. Entre l’urgence de retrouver d’éventuels survivants et les risques liés à l’instabilité des gravats, les secours ont poursuivi leurs efforts sans relâche.
Le drame s’est produit en fin d’après-midi, alors que des travaux de bétonnage étaient en cours sur cet immeuble de type R+4. Plusieurs ouvriers se trouvaient encore sur place lorsque la structure a cédé, les piégeant brutalement sous les débris. Si certains ont pu être extraits rapidement, d’autres sont restés coincés pendant de longues heures, plongeant familles et témoins dans l’angoisse.
Mais au-delà de l’émotion, des voix issues même du chantier commencent à éclairer les possibles causes du sinistre. Un ancien ferrailleur ayant travaillé sur le site, qui a requis l’anonymat, évoque une surcharge structurelle. « Le problème, c’est la charge. Dans une construction à plusieurs niveaux, plus on monte en hauteur, plus il faut alléger. Là, ce principe n’était pas respecté », confie-t-il. Il affirme avoir alerté le chef de chantier sur ce point, sans que des mesures correctives ne soient prises.
Ce témoignage, s’il venait à être confirmé, relancerait avec acuité la question du respect des normes techniques dans les constructions en hauteur. Dans une ville en pleine expansion comme Bamako, où les chantiers se multiplient, les exigences en matière de calcul de charge, de qualité des matériaux et de suivi technique deviennent cruciales.
Dans un communiqué, la Direction générale de la Protection civile a rappelé la nécessité de se conformer strictement aux règles en vigueur. Elle souligne que ces exigences constituent une barrière essentielle contre les accidents de ce type.
En attendant les conclusions de l’enquête annoncée, le drame de Sogoniko met en évidence non seulement les insuffisances dans le contrôle des chantiers, mais aussi les risques liés au non-respect des principes fondamentaux de construction.
Entre les décombres encore visibles et les vies perdues, une question demeure : combien d’autres chantiers présentent aujourd’hui les mêmes fragilités ?
La Rédaction
