
La Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) monte au créneau face aux débats récents autour des mutilations génitales féminines (MGF), notamment l’excision. Dans un communiqué publié le 26 août 2026 à Bamako, l’institution estime que ces pratiques traditionnelles constituent une atteinte aux droits fondamentaux des femmes et des jeunes filles.
S’appuyant sur plusieurs instruments juridiques nationaux, africains et internationaux, dont la Constitution du 22 juillet 2023 et la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la CNDH considère que les MGF portent atteinte à l’intégrité physique, morale et psychique, ainsi qu’à la dignité des personnes qui les subissent.
Au-delà du constat, l’institution appelle à renforcer les actions de sensibilisation auprès des populations afin de faire évoluer les perceptions et les comportements liés à cette pratique. Elle invite notamment les autorités publiques et les organisations de la société civile à intensifier leurs efforts pour prévenir les mutilations génitales féminines et promouvoir la protection des droits des femmes et des filles.
La CNDH demande également aux autorités maliennes d’aller plus loin sur le plan législatif, en adoptant une loi spécifique consacrée à la lutte contre les mutilations génitales féminines au Mali.
Pour l’institution dirigée par intérim par Me Aissata Founè Tembely, la protection des droits humains ne relève pas de la seule responsabilité de l’État. Elle constitue une responsabilité partagée entre les pouvoirs publics, la société civile et l’ensemble des citoyens.
À travers ce communiqué N°0017-2026/CNDH-P.I, daté du 26 août 2026, la CNDH entend ainsi replacer la question des MGF au cœur du débat sur la protection de l’intégrité physique et de la dignité humaine au Mali.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
