
Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté, vendredi 23 octobre 2026, à l’unanimité des 122 membres présents, la loi créant l’Agence nationale pour la Consolidation de la Paix (ANCP). Issue de la restructuration de l’Agence de Développement du Nord du Mali, cette nouvelle structure doit étendre son action à l’ensemble des zones fragiles du pays, en plaçant les communautés elles-mêmes au cœur des décisions et des projets de développement.
Les communautés, actrices de leur propre développement
L’ambition est claire : faire des populations locales non plus de simples bénéficiaires, mais les principales actrices des initiatives destinées à améliorer leurs conditions de vie et à consolider la paix. Le développement conduit par les communautés doit leur permettre d’identifier leurs priorités, de participer aux choix des projets et de prendre part à leur mise en œuvre et à leur suivi.
Dans les zones affectées par les conflits et les crises, cette approche vise à mieux adapter les interventions aux réalités du terrain, tout en favorisant l’appropriation locale des projets, la cohésion sociale et la durabilité des résultats. L’enjeu est de construire des réponses avec les communautés, plutôt que de leur imposer des solutions conçues sans leur pleine participation.
Une agence à vocation nationale
Portée par le ministre d’État, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le général de corps d’armée Ismaël Wagué, la réforme élargit le champ d’intervention du dispositif, jusque-là associé au développement du Nord du Mali, à l’ensemble des zones fragiles du territoire national.
La future ANCP aura pour mission de contribuer à la stabilisation des zones affectées par les crises, de gérer des projets liés à la réconciliation nationale et de promouvoir des initiatives communautaires et participatives. Elle devra également mobiliser des ressources pérennes pour assurer la continuité de ses interventions.
Le défi de la participation effective
Au-delà de la création de cette nouvelle structure, sa portée dépendra de la place réellement accordée aux populations dans les décisions. L’identification des besoins, la définition des priorités et le suivi des projets devront permettre aux communautés d’exercer une influence concrète sur les actions menées en leur nom.
L’adoption du texte prolonge les démarches engagées par le gouvernement, qui avait approuvé, le 19 juin 2026, les projets de textes relatifs à la création, à l’organisation et au fonctionnement de l’agence. Elle s’inscrit également dans le prolongement de la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale.
Le véritable enjeu sera désormais de transformer cette réforme institutionnelle en résultats tangibles pour les populations. Au Mali, la consolidation durable de la paix passera aussi par la capacité des communautés à définir leurs propres priorités, à conduire leur développement et à participer pleinement à la construction de leur avenir.
Tidiane Bamadio
