
À une semaine de la fête de Tabaski, plusieurs marchés à bétail connaissent un faible approvisionnement comparativement aux années précédentes.
Selon plusieurs vendeurs de moutons, cette situation s’explique principalement par les difficultés liées au transport des animaux vers les marchés de Bamako ainsi que ceux de plusieurs régions du pays, notamment à Sikasso et Kita.
En effet, à quelques jours de la célébration, certains marchés à bétail sont soit peu approvisionnés, soit éloignés du centre-ville de Bamako. D’après plusieurs vendeurs rencontrés dans la capitale, l’insécurité perturbe fortement l’acheminement des moutons vers les différents points de vente.
À Bamako, plusieurs abords de routes restent animés par des vendeurs de moutons, notamment sur l’axe Sabalibougou-Daoudabougou, non loin de l’Hôtel de Olympe. Selon eux, « acheminer des moutons à Bamako est devenu un véritable parcours du combattant », en raison notamment de l’insuffisance du cheptel disponible sur les marchés. Une situation qui entraîne une hausse des prix.
Selon plusieurs vendeurs interrogés, les prix des moutons varient actuellement entre 150 000 et 400 000 FCFA, selon la taille et la qualité des animaux.
Face à cette flambée des prix, plusieurs chefs de famille dénoncent la cherté des moutons, même si certains disent avoir déjà réussi à s’en procurer pour la fête.
Les vendeurs ambulants expliquent également cette situation par l’augmentation des coûts de transport. Ils précisent aussi que nombre de leurs collègues ont quitté le centre-ville pour s’installer dans les nouveaux marchés à bétail situés aux entrées de la capitale, rendant les conditions de travail plus difficiles cette année.
Selon une source policière, les vendeurs ambulants s’exposent à des saisies de moutons, car il leur est interdit d’occuper des espaces à l’intérieur de Bamako pour exercer leur activité. La même source précise que tout commissaire qui ne ferait pas respecter cette mesure s’exposerait à des sanctions. Elle invite par ailleurs les populations à s’approvisionner dans les marchés à bétail installés aux entrées de la capitale.
Sikasso : la hausse des prix des moutons également constatée
À Sikasso, la hausse des prix des moutons se fait également sentir à l’approche de la Tabaski. Les vendeurs évoquent notamment les difficultés de transport et la situation sécuritaire.
Contacté par nos soins, le vendeur ambulant de moutons, Siaka Sangaré, a confié qu’il se rend en brousse pour acheter des moutons et des bœufs avant de les revendre. Selon lui, les prix pratiqués dans les zones d’approvisionnement ont fortement augmenté cette année.
« Les prix varient entre 65 000 et 225 000 FCFA. Le mouton qui était vendu l’an passé à 25 000 FCFA est cédé cette année à 65 000 FCFA, le bœuf aussi vendu autrefois à 150 000 FCFA est vendu entre 300 000 et 350 000 FCFA », a-t-il expliqué.
» ….certains vendeurs exagèrent les prix afin de réaliser des bénéfices excessifs.. »
Un autre vendeur rencontré au marché à bétail de Médine, à Sikasso, a indiqué que les commerçants ont rencontré d’importantes difficultés de transport cette année. Toutefois, il estime que certains vendeurs exagèrent les prix afin de réaliser des bénéfices excessifs sur les béliers.
« Le marché est pourtant approvisionné », a-t-il affirmé.
De leur côté, plusieurs commerçants expliquent que de nombreux moutons n’ont pas pu être acheminés en raison des difficultés liées à l’insécurité. L’un d’eux a précisé que les animaux proviennent généralement de Mopti, mais que cette année, les arrivages ont fortement diminué à cause de la situation sécuritaire.
À Kita, un marché à bétail moyennement approvisionné
À Kita, la cherté et l’insuffisance des moutons se font ressentir sur le marché à bétail à l’approche de la fête de Tabaski. Selon un confrère contacté par nos soins, les prix des moutons varient entre 150 000 et 300 000 FCFA.
Par rapport à l’année dernière, un changement majeur est constaté au niveau du transport. Cette situation est principalement liée à l’insécurité sur les routes, qui complique l’acheminement des moutons en grand nombre vers la région.
Afin de sécuriser le marché à bétail, considéré par les autorités comme un lieu de rassemblement potentiel de terroristes, les Forces de défense et de sécurité effectuent régulièrement des fouilles et des patrouilles sur les lieux.
Selon ce confrère, qui s’est rendu au marché à bétail de la ville, les prix des aliments pour bétail ont également connu une hausse.
Lamine BAGAYOGO
