
Après plusieurs mois de paralysie provoquée par l’insécurité, les véhicules de transport en commun circulent de nouveau sur la Route nationale n°4 (RN4), principal axe reliant Bamako à Nara via Kwala et Mourdiah. Cette reprise, effective depuis le 23 juin 2026, redonne de l’espoir aux voyageurs et aux opérateurs économiques, même si elle s’accompagne d’une hausse sensible des tarifs.
Longtemps interrompue, la circulation sur cet axe stratégique avait profondément perturbé la mobilité des populations et ralenti les échanges commerciaux entre la capitale et le cercle de Nara. Les voyageurs étaient contraints de contourner les zones à risque en empruntant des itinéraires secondaires, plus longs, plus coûteux et souvent difficilement praticables.
Le rétablissement du trafic est intervenu après les opérations menées sur le terrain par les Forces armées maliennes (FAMa), qui ont permis de sécuriser le corridor routier. Les compagnies de transport ont ainsi pu reprendre progressivement leurs dessertes, mettant fin à plusieurs mois d’incertitude pour les usagers.
Dans plusieurs localités situées le long de la RN4, les premiers véhicules ont été accueillis avec enthousiasme. Des habitants sont sortis pour saluer le retour des bus et remercier les autorités pour les efforts ayant conduit à la réouverture de cette voie de communication essentielle.
« Nous avons enfin retrouvé un peu de sérénité. Pendant des mois, les déplacements étaient devenus un véritable parcours du combattant. Nous espérons que cette reprise sera durable », confie une voyageuse rencontrée par nos confrères de « Le Soir de Bamako » à l’arrivée d’un car.
En plus du soulagement des populations, cette reprise devrait favoriser l’approvisionnement des marchés et relancer les activités économiques entre Bamako et Nara. Les commerçants, particulièrement affectés par les difficultés d’acheminement des marchandises, espèrent un retour progressif à un fonctionnement normal des circuits d’approvisionnement.
Toutefois, la reprise des liaisons s’accompagne d’un nouveau défi pour les usagers : la hausse des prix du transport. Selon nos confrères, les compagnies appliquent désormais un tarif de 10 000 FCFA pour le trajet Nara-Bamako et de 12 000 FCFA dans le sens Bamako-Nara, contre respectivement 7 000 FCFA et 8 000 FCFA avant la fermeture de l’axe.
Cette augmentation représente une charge supplémentaire pour de nombreux voyageurs, déjà confrontés à un contexte économique difficile. Si les transporteurs invoquent notamment les risques encourus, les coûts d’exploitation et les conséquences de plusieurs mois d’interruption, les usagers espèrent que ces nouveaux tarifs pourront être revus à la baisse à mesure que la situation se stabilisera.
La réouverture de la RN4 constitue ainsi une phase importante pour le désenclavement de Nara et la reprise des échanges avec Bamako. Reste désormais à consolider les conditions de sécurité sur cet axe afin de garantir la continuité du trafic et de permettre aux populations de retrouver durablement une mobilité normale à un coût plus accessible.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
