
Après plus d’une année de crispations diplomatiques, Bamako et Alger semblent privilégier une approche fondée sur le dialogue et les intérêts communs. Malgré le maintien du soutien officiel du Mali à la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, les autorités algériennes affichent désormais une volonté de normaliser leurs relations avec leur voisin du Sud, sans faire de cette question un préalable à la reprise des échanges.
Ce rapprochement s’est illustré par plusieurs gestes diplomatiques récents. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a reçu le nouvel ambassadeur du Mali en Algérie, Mohamed Amaga Dolo, réaffirmant la volonté des deux pays de consolider leurs relations de bon voisinage. Dans le même élan, le président Abdelmadjid Tebboune a insisté sur le caractère « positif » du dialogue avec Bamako, soulignant la nécessité de renforcer la coopération dans la lutte contre la criminalité transfrontalière et l’immigration irrégulière.
Le chef de l’État algérien a également assuré que son pays n’entendait pas s’immiscer dans les affaires intérieures du Mali, un message destiné à rassurer les autorités maliennes après plusieurs épisodes ayant alimenté la méfiance entre les deux capitales. Cette déclaration intervient dans un moment où les deux États cherchent à tourner la page d’une crise diplomatique marquée par le rappel des ambassadeurs et la fermeture réciproque de leurs espaces aériens.
La reprise officielle des relations le 10 juillet 2026 marque ainsi une étape dans les rapports entre les deux voisins. Pour de nombreux observateurs, cette évolution traduit une volonté de privilégier la stabilité régionale, la coopération sécuritaire et les intérêts stratégiques communs, dans un Sahel confronté à des défis sécuritaires persistants. Le maintien des positions respectives sur le dossier du Sahara occidental ne semble plus empêcher les deux pays de rechercher un terrain d’entente sur les enjeux qui touchent directement leur voisinage et leur sécurité.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
