
Le projet Siguida Herema a organisé, jeudi 17 septembre 2026 à l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO), un forum multi-acteurs consacré au thème « De la concertation à l’action pour un espace civique résilient au Mali ». La rencontre a réuni des représentants de l’administration, des collectivités, de la société civile, des médias, des organisations de femmes et de jeunes ainsi que des partenaires, avec pour objectif de faire le bilan des acquis du projet et de réfléchir à leur pérennisation.
Après 30 mois de mise en œuvre, le projet affiche plusieurs résultats, notamment l’accompagnement d’une dynamique de concertation à Bamako, Gao et Mopti, la réalisation de 1 532 émissions radiophoniques sur les radios partenaires et la production de 66 contenus destinés à favoriser l’information et le dialogue. Les actions de communication ont également permis de toucher environ 109 000 personnes sur les réseaux sociaux, tandis qu’un réseau regroupant 43 organisations de la société civile constitue désormais un cadre de mobilisation autour des enjeux liés à l’espace civique.
Pour Bara Adiawiakoye, directeur pays de Search for Common Ground au Mali, la diversité des acteurs impose de maintenir le dialogue pour construire des réponses communes. « Nous sommes différents, nous n’avons pas toujours les mêmes objectifs », a-t-il souligné, estimant que le principal défi consiste désormais à faire en sorte que le dialogue « produise de l’action ». Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la régularité des cadres de dialogue et de transformer les engagements en responsabilités identifiables et en résultats pouvant être suivis.
Le représentant du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Moussa Famanta, a pour sa part réaffirmé la détermination du département à soutenir cette dynamique. Selon lui, la qualité du dialogue entre citoyens, autorités administratives, collectivités, organisations de la société civile et médias constitue un élément essentiel du renforcement de la cohésion sociale et de la prévention des tensions. Il a appelé à capitaliser les acquis des 30 mois d’intervention et à traduire les recommandations du forum en actions réalistes, avec une attention particulière à la circulation de l’information, à la participation citoyenne et au renforcement des mécanismes locaux de concertation.
Le forum a ainsi placé la pérennisation des acquis au cœur des échanges. Pour les initiateurs, l’enjeu est désormais de maintenir les espaces de dialogue au-delà de la fin du projet, en donnant davantage de place aux femmes et aux jeunes dans la participation aux décisions et dans la recherche de solutions. Une orientation qui résume l’ambition affichée : faire évoluer la concertation vers des actions concrètes, des responsabilités partagées et des résultats durables.
Abdrahamane Baba Kouyaté
