
Le secteur minier malien pourrait connaître plusieurs mouvements de grève à compter du 28 septembre 2026. Des comités syndicaux de sociétés minières, mais aussi de l’administration chargée des mines, ont annoncé des arrêts de travail pour dénoncer des différends portant notamment sur les salaires, les primes, la protection sociale et les conditions de travail.
Selon les informations de nos confrères du journal L’Indépendant, la menace concerne notamment FEA Loulou, Gounkoto-SA, SOMILO-SA et CORICA Mining Services (Baboto). Des préavis ont été déposés par les organisations syndicales, avec des mouvements annoncés pour une durée comprise entre quatre et cinq jours. L’administration minière est également concernée par un préavis prévoyant un arrêt de travail de 72 heures.
À FEA Loulou, le Syndicat libre des travailleurs des mines et industries du Mali (SYLTMIM) et le Syndicat national des constructions civiles, des mines et de l’énergie (SYNACOME-UNTM) ont transmis un préavis à la direction le 10 septembre.
D’après les éléments rapportés, les syndicats dénoncent plusieurs difficultés dans la gestion des revendications des travailleurs. Ils demandent notamment la suspension de la baisse appliquée au paiement des heures supplémentaires et réclament leur règlement au taux de 180 %, conformément, selon eux, à une position de la Direction nationale du Travail.
Le mouvement annoncé est prévu sur cinq jours, du 28 septembre au 2 octobre 2026, si aucun accord n’est trouvé entre les parties.
À Gounkoto-SA, le comité syndical annonce pour sa part quatre jours de grève, du 28 septembre au 1er octobre. Les travailleurs demandent la satisfaction des différents points inscrits dans leur cahier de doléances. La SOMILO-SA fait également partie des sociétés confrontées à une menace de débrayage.
À CORICA Mining Services, sur le site de Baboto, les revendications portent notamment sur les salaires et les conditions de travail. Le comité syndical SYNACOME/UNTM demande une revalorisation de 15 % de la grille salariale, ainsi qu’une amélioration de la restauration et de l’accès à l’eau potable sur le site.
Les travailleurs réclament également davantage de transparence dans le paiement de la prime de production et sollicitent le paiement de certaines primes liées aux conditions de travail.
La protection sociale figure également parmi les préoccupations. Les représentants des travailleurs demandent la prise en charge intégrale des frais médicaux des employés et de leurs familles, la régularisation des travailleurs qui ne bénéficient pas de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) ainsi que l’affiliation de l’ensemble du personnel à l’INPS.
Le cahier de revendications comprend aussi des demandes portant sur les kits alimentaires et la prise en charge des frais de scolarité des enfants des travailleurs. En l’absence de réponse favorable, le comité syndical annonce une grève de 96 heures à partir du 28 septembre.
La contestation ne se limite pas aux sociétés minières. Toujours selon les informations rapportées par nos confrères de L’Indépendant, l’administration minière est elle aussi confrontée à des revendications syndicales.
Les représentants syndicaux dénoncent notamment le retard dans le paiement des salaires des agents contractuels du Programme pour le développement des ressources minérales (PDRM), ainsi que le non-paiement de certains avantages. Ils évoquent également des difficultés dans le dialogue avec la Direction nationale de la géologie et des mines (DNGM) et regrettent leur mise à l’écart de certains processus de réforme.
Les syndicats soulèvent par ailleurs la question du traitement des dossiers relatifs aux heures supplémentaires du personnel de la Division des finances et du matériel du ministère des Mines.
Parmi leurs revendications figurent notamment le règlement du dossier de la prime de découverte, le paiement des arriérés de salaires des agents contractuels du PDRM et le règlement des indemnités liées à certaines missions effectuées dans les zones minières, notamment dans les exploitations de lithium et à Sadiola.
Ils demandent également l’instauration d’un calendrier de dialogue avec la DNGM et la signature des dossiers de paiement des heures supplémentaires. À défaut de satisfaction, un arrêt de travail de 72 heures est annoncé du 29 septembre au 1er octobre 2026.
La multiplication de ces préavis intervient dans un secteur stratégique pour l’économie malienne. Si ces mouvements sont effectivement observés, ils pourraient perturber le fonctionnement de plusieurs sites miniers ainsi que certaines activités de l’administration du secteur.
Les prochains jours devraient ainsi être consacrés aux discussions entre les différentes parties afin de tenter de parvenir à des accords et d’éviter la mise à exécution des préavis annoncés.
Par la rédaction
